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Le pneu Michelin veut boire l'obstacle de la mondialisation

Les temps sont durs pour tout le monde. Michelin n'échappe pas à la vague de restructurations qui touche les grands industriels européens et annonce la fermeture de trois usines en Europe. Pas en France
Article rédigé par Emmanuel Cugny
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
  ("Bibendum", l'emblème du groupe Michelin © Maxppp)

Michelin est à l’image de Bibendum, le bonhomme boursouflé, devenu trop gros selon certains observateurs.

Mais que veut dire ‘’trop gros’’ pour une entreprise dont le but est de gagner de nouveaux marchés, de générer toujours plus d’activités et de réaliser toujours plus de profits pour réinvestir et remercier les actionnaires de leur fidélité ?

La réponse est dans la compétitivité du groupe. Compétitivité en berne. Bibendum est devenu trop gros et trop lourd à faire tourner dans le contexte concurrentiel international de plus en plus pressant.

Deux facteurs combinés

Les difficultés de Michelin trouvent leur source dans deux facteurs bien identifiés : le produit et la géographie.

Produit : on parle ici du pneu poids lourds. Le marché a reculé de 25% depuis 2007 en Europe, crise oblige. Une moindre activité entraîne moins de trafic, donc moins de business pour le numéro deux mondial du pneumatique.

Géographie : pendant que le marché européen du pneu poids lourds perdait 25% en Europe, les importations d’Asie flambaient de près de 110%.

Tout cela a pesé sur l’activité et les comptes, d’où la nécessité  d’adapter l'outil de production. Cette adaptation va passer par la fermeture de trois usines en Europe. Pour l'instant, la France est épargnée... les sites concernés sont en Italie, en Allemagne et en Grande-Bretagne. 1500 postes sont dans la balance.

Dans le même temps, Michelin annonce des investissements. Réorganisation globale plutôt que restructuration

Pour optimiser l'outil de production, l'entreprise mise sur des sites plus importants, pour ne pas dire géants, en regroupant des activités sur le Vieux Continent ou par de nouvelles implantations dans les pays émergents.

L'investissement global devrait approcher les 270 millions d'euros au Royaume-Uni et en Italie.

C’est la suite d'une réorganisation entamée depuis quelques temps déjà et qui va se poursuivre. On devrait en savoir plus début 2016 avec l’annonce probable de l’optimisation des moyens dans les fonctions supports (la communication, les services juridiques, l'informatique ou la finance).Bibendum doit devenir plus agile et gagner en aisance. L'occasion de revenir au slogan initial de la manufacture clermontoise à la fin du XIXème siècle : "Le pneu Michelin boit l'obstacle"... de la mondialisation.

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