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La reprise économique est-elle réellement à notre porte ?

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Visiblement, c'est ce que laisse entendre le dernier indice mensuel de la société Markit. Les données récoltées en mars sont plutôt positives
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Radio France
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Les
bonnes nouvelles sont trop rares pour bouder notre plaisir. Mais il ne s'agit
pas de sombrer dans un optimisme béat car les contre arguments ne manquent pas.
Regardons ce petit coin de ciel bleu. On le doit à l'indice Markit qui, chaque
mois, passe à la moulinette une série de données comme l'emploi, l'état des
carnets de commande de l'industrie et des services, et puis, surtout, le moral
et les perspectives des chefs d'entreprises. Bref : c'est la perception
des acteurs de l'économie dans leurs secteurs respectifs.

Indicateur
positif... qu'est-ce cela veut dire concrètement ?

Si
je vous donne le chiffre brut de décoffrage, cela ne vous dira rien. L'indice
composite qui combine l'industrie et les services est passé de 47,9 en février
à 51,6 en mars. Vous n'êtes pas plus avancée. En réalité, il montre que
l'activité dans le secteur privé a progressé à son rythme le plus élevé depuis
environ 3 ans, signe d'une activité plus robuste dans l'hexagone. Dans la zone
euro, nous dit Markit, c'est de la France que viennent en mars le meilleures
nouvelles, profitant de l'amélioration du cycle économique mondial (dont la
reprise aux Etats-Unis). L'autre facteur important – qui a d'ailleurs été confirmé
par les derniers chiffres du chômage : c'est la reprise de l'intérim. Les
entreprises doivent honorer les commandes.

C'est
la fameuse hirondelle qui fait le printemps ?

Il
est trop tôt pour le dire car, sans jouer les Cassandre, cette tendance
positive doit être relativisée. Les bémols ?

1/ Pour
trouver leur place dans cette reprise finalement très concurrentielle (d'autres
entreprises en profitent ailleurs en Europe), les producteurs jouent sur les
prix de vente. Ils les baissent... donc rognent sur leurs marges censées
alimenter l'investissement et la politique salariale.

2/
Quand on regarde le profil trimestriel de la croissance, on voit que depuis
2011, l'économie française ressemble à une tôle ondulée. Un trimestre de
croissance succède à un trimestre de contraction, et ainsi de suite. Notre
économie a le hoquet.

3/
la France continue de décrocher par rapport au reste de la zone euro. Un seul
exemple : le taux d'utilisation des capacités de production de
l'Eurogroupe remonte sensiblement alors qu'il stagne dans l'hexagone. Bref, on
avance, mais de manière chaotique.

La
question est de savoir comment accompagner les signaux positifs, comment les
consolider ?

La
réponse est dans notre politique économique. Prenons la fiscalité,
spécifiquement les impôts sur la production (c'est à dire ce que les
entreprises reversent à l'Etat après avoir déjà payé toutes les cotisations
traditionnelles). Nous payons 65 milliards d'euros de plus que les entreprises
allemandes. Je tire ce chiffre d'un ouvrage que publie ces jours-ci aux
Editions Economica l'institut de conjoncture COE-REXECODE. Document intitulé
"Réforme fiscale et retour de la croissance". Certes, REXECODE est
proche des entreprises, mais les chiffres détaillés sont indiscutables. Donc,
oui, les mots reviennent sans cesse : fiscalité, compétitivité, convergence
européenne... ce ne sont pas de vains mots. Ils vont refaire surface très vite
dans le débat national, après le second tour des élections municipales.

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