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La crise de la dette traverse la Manche

La Grande-Bretagne gagnée à son tour par la crise de la dette en Europe. Alors que les fonctionnaires défilent aujourd'hui partout dans le pays, le gouvernement promet sang et larmes aux sujets de Sa Gracieuse Majesté.

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Ne pas appartenir à la zone euro n’immunise pas – n’immunise plus – contre la crise qui sévit sur le continent. Autre temps, autres mœurs… la "Perfide Albion" n'est plus ce qu'elle était. Le Royaume-Uni n’a que faire de l’Euro mais il est en Europe et la récession gagne du terrain. En 2012, le PIB britannique devait croître de 2 et demi%... au final, il faudra faire avec seulement 0.7% selon le ministre des Finances. Georges OSBORN en est convaincu : "si Londres ne parvient par à réduire les déficits, la récession est assurée ».

Quelles mesures ont été annoncées ?

Un mot revient : la rigueur. Avec des mesures d’austérités prolongées au delà des élections législatives de 2015 (le message a le mérite d’être clair). La hausse du traitement des fonctionnaires sera limitée à 1% à partir de 2013 et 710.000 postes de fonctionnaires supprimés à l’horizon 2017. Voila pour les économies. Parallèlement, dans son souci de favoriser le soutien de la croissance à long terme, Londres veut accorder jusqu’à environ 46 milliards d’euros de prêts aux petites et moyennes entreprises qui souffrent de la raréfaction du crédit. Enfin, 35 milliards d’euros vont être ponctionnés sur les fonds de pension pour développer des projets d’infrastructures : routes, chemins de fer, aéroports et centrales électriques.

Cela nous rappelle la politique des grands travaux du temps de l’Europe de Jacques DELORS…

Et surtout une interrogation : comment Londres peut se lancer dans une telle aventure tout en jouant la carte de la rigueur ? Premièrement, la Grande-Bretagne dispose d’une gouvernance économique, ce qui n’est pas le cas de l’Europe. Deuxièmement, la banque centrale d’Angleterre n’a pas de compte à rendre à la Banque Centrale Européenne. En matière de politique monétaire : le Royaume est souverain et peut racheter sa propre sa dette, maîtrisant ainsi beaucoup plus facilement ses projets de développement. Enfin, cette indépendance le protège des inquiétudes exprimées par les marchés financiers sur l'incapacité de la zone euro à régler ses propres problèmes. Protégée mais pour combien de temps encore ? That's the question, car les agences de notation sont au coin du bois. Les agences qui commencent à traverser le Channel. Hier, FITCH a menacé la note TRIPLE A de Londres... bienvenue au Club !

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