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L'Italie réforme son marché du travail grâce à la "flexisécurité"

Le Président du Conseil italien Mario Monti réunit de nouveau les partenaires sociaux aujourd'hui pour parler de la réforme du travail. C'est l'une des priorités de son gouvernement pour sortir de la crise.

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C’est même la clef de voûte de son plan. Il faut dire qu'en Italie le taux de chômage a atteint en janvier dernier un nouveau record (9,2% de la population active). A l'issue d'une première réunion mardi, le Président du Conseil italien s’est félicité d’avoir obtenu un large soutien des syndicats, à l’exception de la puissante confédération CGIL qui appelle à une grève générale. Mario Monti est déterminé, il veut aller vite. Chaque jour compte. En cette période de crise il en va de la compétitivité du pays. Rome a retrouvé la confiance des marchés mais doit encore prouver sa capacité de réformer en profondeur le pays entré en récession.

Que prévoit le plan Monti ?

Le chef du gouvernement dénonce la situation actuelle à deux vitesses où les salariés en contrat à durée indéterminée dans les entreprises qui emploient plus de 15 personnes jouissent d’un statut pratiquement inattaquable, tandis que les salariés des PME ne disposent pratiquement d’aucune protection. Ce que veut Mario Monti, c’est rendre le marché du travail plus flexible : d’un côté faciliter les licenciements en cas d’impérieuse nécessité, de l’autre continuer à protéger les salariés victimes de licenciements discriminatoires. Son plan prévoit donc de mettre à plat le régime d’assurance chômage tel qu’il existe aujourd’hui, mais aussi de favoriser l’apprentissage, lutter contre la précarité qui touche notamment les femmes et les jeunes (certaines entreprises seraient pénalisées). Enfin, il veut clarifier le maquis – pour ne pas dire la jungle – des contrats de travail.

Ce que prépare l’Italie peut-il servir d'exemple à d'autres pays en Europe ?

Matio Monti pratique ce que l'on appelle la ‘’flexisécurité’’ : faciliter les licenciements économiques mais continuer à protéger les salariés précaires. La "flexisécruité" est appliquée aujourd’hui par les Pays-Bas (5% de chômage) et le Danemark (7%), mais aussi par l’Allemagne et la Suède où les crédits d’impôts pour les entreprises qui embauchent des chômeurs viennent d’être étendus. En France, la "flexisécurité" ne bute pas sur l'hostilité des syndicats (à l'exception de la CGT), à condition d'être bien encadrée.

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