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L'Etat, un actionnaire trop gourmand selon la Cour des comptes

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L’Etat actionnaire est-il trop gourmand ? La cour des comptes s’inquiète de la façon dont la puissance publique se comporte dans les entreprises dont elle détient des parts. Dans le rapport publié hier sur le budget de l'Etat 2014, les magistrats pointent les gros dividendes perçus l’an dernier par l’Etat.
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Radio France
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 (Entrée de la Cout des Comptes, à Paris © Maxppp)

La somme est confortable : l'Etat a perçu 4,1 milliards d’euros de dividendes l’an dernier. Rien d’affolant. C’est un tout petit peu moins même qu’en 2013.

Ce qui fait tiquer la Cour des comptes, c’est qu’une telle somme n’était pas prévue. Le budget pour 2014 anticipait 3,1 milliards soit 1 milliard de moins. 

Alors, tant mieux pour les caisses de l’Etat. Mais la Cour des comptes s’inquiète de l’impact pour les entreprises dont l’Etat est actionnaire.

Où est le problème ?

Certaines ont versé beaucoup alors même qu’elles affichaient de mauvais résultats : c’est le cas d’Engie, ex GDF-Suez, déficitaire en 2014 et qui a pourtant donné 1 milliard d’euros de dividendes à l’Etat. C'est le cas également de la SNCF ou d'Air France.

Et la Cour des comptes a fait ses calculs : 9 des 12 plus grandes entreprises dont l’état est actionnaire ont distribué proportionnellement plus que la plupart des entreprises du CAC 40.

Avec un risque prévient la cour : que les pouvoirs publics préfèrent ces rendements à court terme, plutôt que les intérêts à long terme.

C’est une pique à Emmanuel Macron, le ministre de l’économie, qui ce mois-ci encore déclarait: « l’Etat doit avant tout être un actionnaire de long terme avec une vision industrielle »

Alors quel actionnaire est finalement l’Etat ?

II a une double stratégie.  L’Etat détient 11O milliards d’euros dans plus de 70 entreprises.

D’une part, ses participations lui servent à se désendetter. Le gouvernement le dit très clairement depuis l’an dernier. Il s'agit de vendre pour remplir les caisses publiques.

D’autre part, l’Etat s’affirme de plus en plus comme un investisseur actif, qui n’attend pas que des dividendes. On l’a vu récemment, s’imposer pour faire voter une disposition de la loi Florange chez Renault ou Air France notamment. Une disposition censée récompenser justement les investisseurs au long court. Sauf que pour y parvenir, il n’a pas hésité à monter sans prévenir au capital de ces entreprises, pour peser suffisamment lourd face aux autres actionnaires. Bref à utiliser des méthodes brutales, dignes d’investisseurs court termistes. Un paradoxe pour défendre sa stratégie d’actionnaire au long terme.

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