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L'empire Drahi est-il viable ?

Rien ne va plus en bourse pour l’empire de Patrick Drahi. Le titre de son groupe Altice – propriétaire de Numéricable-SFR – a encore perdu plus de 9% jeudi 1er octobre à Paris. Sur les cinq dernières séances, la perte atteint 20%. Les marchés semblent sanctionner les méthodes de ce patron médiatique. Est-ce pour autant la fin du modèle Drahi ?

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(Patrick Drahi le 24 juin 2015 © Maxppp)

C’est un gros coup de semonce, une sérieuse alerte. Le modèle Drahi est basé sur l'achat par endettement, le LBO (Leveraged buy-out), ou ‘’à fort effet de levier’’. C’est à dire que l’emprunteur rembourse sa dette avec les profits réalisés par les entreprises acquises.

Ce modèle nécessite de serrer les coûts dans les entreprises achetées, ce que Drahi sait faire à la perfection.

 

Les ambitions de Patrick Drahi sont connues depuis longtemps. Pourquoi cette réaction des investisseurs, aujourd’hui, en bourse ?

 La goutte d’eau qui fait déborder le vase est l’achat de l’opérateur américain Cablevision pour près de 18 milliards de dollars. Cet achat intervient après celui de SFR, Portugal télécom, Suddenlick aux Etats-Unis. Le groupe est aujourd'hui endetté à hauteur de 45 milliards d’euros.

Les investisseurs s’interrogent sur la capacité d’Altice de tenir son ratio d’endettement et de financer ses acquisitions dans un contexte de marché qui a changé. Les taux d’intérêts sont en train de remonter, et on s’attend à ce que la cadence s’accélère, compliquant les conditions de remboursement.

Patrick Drahi ne peut pas dire merci à Janet Yellen, la présidente de la FED – la Réserve fédérale américaine –, qui a donné ce signal de hausse de taux récemment. Le dossier Cablevision est tout frais, il tombe en plein dans ce contexte et la suspicion est lancée sur l’ensemble de la stratégie Drahi.

 

Modèle Drahi condamné ou pas ?

 L’homme d’affaire ne dicte plus sa loi au marché dont il profitait jusqu’à présent de la bienveillance.

A partir de là, il y a deux écoles : la première qui alerte depuis le début en dénonçant cette ‘’supra dette’’ qui peut exploser à tout moment sur fond de crise financière. La seconde école qui loue l’audace de Patrick Drahi, utile à l’économie française,  en créant un géant industriel tricolore permettant de tenir tête aux tout-puissants conglomérats américains.

Laquelle de ces deux écoles dit vrai ? La suite au prochain épisode ! Mais l’homme d’affaires franco-israélien restera un homme gourmand qui aime le risque.

(Patrick Drahi le 24 juin 2015 © Maxppp)