Cet article date de plus de sept ans.

Immigration : les discriminations freinent l'intégration économique

écouter (5min)
C'est un rapport qui risque de faire du bruit tant le sujet est sensible. Il est rendu public lundi 2 mars par Jean Pisani-Ferry, le patron de France Stratégie (Commissaire général à la stratégie et la prospective). Ce rapport montre de manière argumentée comment les discriminations freinent l'intégration économique des descendants d'immigrés.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
  (tanpon immigration (photo prétexte) © Fotolia)

En réalité, cette note compile diverses études. Elle est publiée quelques jours avant un comité interministériel sur l'égalité et la citoyenneté... la réunion aura lieu vendredi.

Ce document recense et pointe les obstacles à l'insertion économique des jeunes issus de l'immigration en matière d'éducation, d'emplois et de conditions de vie.

Une synthèse d'autant plus intéressante qu'il est toujours très difficile d'argumenter autour de ce sujet qui fait trop souvent référence à des considérations plus idéologiques que rationnelles. Pourtant, les faits sont là et bien là !

 

Quelles sont les principales conclusions ?

 

L'évidence veut que les inégalités scolaires se creusent dès la maternelle et compromettent l'accès aux filières les plus favorables à la poursuite des études supérieures.

Selon PISA (le Programme international pour le suivi des acquis des élèves, que cite Jean PISANI-FERRY), à 15 ans, les jeunes issus de l'immigration sont deux fois plus susceptibles de figurer parmi les élèves en difficultés.

Seulement 15% des enfants issus de l'immigration décrochent une place en apprentissage contre 30% pour les autres.

Enfin, un jeune sur quatre descendant d'immigré sort du système éducatif sans diplôme contre 1 à 2 sur dix pour les autres jeunes.

Le phénomène est particulièrement flagrant pour les enfants d'origine africaine.

 

Des situations qui poussent bien souvent à des préjugés sur l'impact économique

 

Il serait temps de regarder le sujet avec plus d’objectivité que d'idées préconçues. Le taux de pauvreté des familles immigrées et jusqu'à trois fois plus important que la moyenne française. Dès lors, pourquoi s'étonner que ces foyers aient plus recours aux couvertures sociales ?

C'est ce que montre en substance une autre enquête très fouillée publiée cette fois par le magazine Capital du mois de mars.

Jean PISANI-FERRY, lui, appelle à modifier en profondeurs nos politiques publiques. Compléter par exemple les politiques de droit commun par des mesures particulières comme l'obtention du permis de conduire ou des allègements de charges sur les bas salaires.

Des mesures parfois toutes simples mais qui peuvent aider à changer certains quotidiens.

 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.