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Idées et projets : la France qui bouge

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Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault réunit à Matignon le Comité de pilotage des plans de la Nouvelle France Industrielle. C'est le coup d'envoi d'une série de réunions mensuelles destinées à valider progressivement de grands chantiers novateurs, signe d'une France qui bouge.
Article rédigé par
Radio France
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C'est
l'impulsion qu'entend donner le gouvernement qui va consacrer quatre milliards
d'euros au développement de 34 plans dans le cadre des investissements
d'avenir. On y trouve pêle-mêle les transports avec notamment l'avion
électrique, les voitures économes mais aussi le cloud (le nuage informatique),
ou encore les textiles techniques.

Ces plans
laissent les industriels sur leur faim. A de nouveaux financements, ils
préfèreraient voir se développer une commande publique plus ambitieuse. Mais
cela fait partie de ces initiatives qui, au bout du compte, peuvent déboucher
sur de réels projets créateurs d'emplois.

Autre
initiative : hier, BPI France (la Banque Publique d'Investissement) a
lancé son " Lab ", son laboratoire d'idées, où se retrouveront
chercheurs, chefs d'entreprises et économistes pour décortiquer toutes les données
mises à leur disposition par la banque et ainsi mieux comprendre notre
écosystème pour mieux piloter, affiner, nos politiques économiques. Et puis, un
autre baromètre important est à prendre en compte : ce sont les brevets.

L'ONU a publié hier une étude qui montre un record de demandes internationales
en 2013

Oui,
cela constitue un bon indicateur de l'activité économique. Classée sixième
devant le Royaume-Uni, la France arrive après la Corée du Sud (5ème),
l'Allemagne (4ème avec pourtant une
baisse de ses demandes), la Chine est 3ème, le Japon 2ème. La
plus haute marche du podium est occupée par les Etats-Unis. Les américains ont
affiché l'an dernier leur taux de croissance de demandes de brevets le plus
élevé depuis 2001 (la France, ce sont à peine 8000 demandes au niveau
planétaire, les USA sont à 57.000, la Chine 21.000). Ces nouveaux records
témoignent de l'importance de la propriété intellectuelle dans les secteurs à
forte capacité d'innovation.

Au
niveau international, il y a un système de demande unique pour tous les pays. Qu'en
est-il de notre premier marché, l'Europe ?

Jusqu'au
1er janvier dernier, nous battions tous les
records, mais pas les plus vertueux. Pendant des décennies, un brevet européen
a coûté 18 fois plus cher qu'aux Etats-Unis (36 .000 euros chez nous
contre... 2000 outre-Atlantique. En Chine, un brevet coûte aujourd'hui la modique
somme de 600 euros). Lorsqu'une entreprise européenne – à fortiori française –
voulait protéger une idée ou un produit dans un autre pays de l'Union, il lui
fallait faire des démarches dans chacun des Etats. Je ne vous fais pas de dessins
sur la complexité administrative, ni les coûts engendrés par une telle usine à
gaz.

Vous
voulez dire que l'on a pris du retard...

Beaucoup
de retard, aux dépens de notre compétitivité (encore elle !). D'autant
plus handicapant pour nos PME qui fourmillent pourtant d'idées géniales.
Bruxelles a travaillé à l'élaboration d'un système moins lourd. Le Commissaire européen
Michel Barnier s'est beaucoup investi dans cette tâche et de nouvelles règles
sont en place depuis maintenant 2 mois et demi. Mais certains continuent de
trainer les pieds. L'Italie et l'Espagne ont refusé de signer au prétexte que
les brevets ne soient traduits qu'en trois langues, le Français, l'Anglais et
l'Allemand.

Des
freins persistent mais il est désormais plus facile et moins cher de déposer un
brevet au sein de l'Europe. Il faut que nos talentueux chefs d'entreprises, nos
chercheurs et trouveurs, nos "Géo trouve-tout" saisissent la balle au
bon pour regagner les parts de marchés perdues pendant de trop nombreuses
années.

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