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Grèce : Angela Merkel ne veut plus danser le sirtaki

Angela Merkel est prête à laisser la Grèce sortir de la zone euro. La chancelière allemande évoque cette hypothèse à la veille des élections législatives grecques. Véritable menace ou coup de bluff ?
Article rédigé par Lise Jolly
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
  (Angéla Markel lors de ses voeux télévisés 2015 © Maxppp)

C'est un coup de semonce qui, de toute évidence, ne sera pas suivi d'effets. D'abord, il ne s'agit pas d'une déclaration de Madame Merkel. Pas de message comminatoire. C'est l'hebdomadaire Der Spiegel qui rapporte ses propos sans guillemets.

En clair, Berlin met la pression sur les grecs pour éviter de voir passer l'extrême gauche – le parti Syriza – lors des législatives du 25 janvier car, une fois au pouvoir, elle remettrait en cause la politique de rigueur budgétaire que l'Europe et le FMI ont imposé à Athènes. Une remise en question dont ne veut pas entendre parler Angela MERKEL.

 

L'hypothèse d'une sortie de la Grèce de la zone euro refait surface régulièrement. Est-ce réellement possible ? 

 

Tout est envisageable, mais personne n'y a intérêt. Le peuple grec lui-même, malgré les difficultés économiques qu'il connaît, tient à l'euro car c'est un facteur de stabilité. Idem pour le parti Siriza : il a dit clairement qu'il ne voulait pas sortir de l'eurogroupe. Angela MERKEL joue sur cette position pour faire pression sur le peuple grec et le futur gouvernement.

S'il y avait abandon de la politique de rigueur, la sortie de la Grèce serait imposée et il faudrait l'organiser dans le temps pour ne pas affoler les marchés.

Un des moyens serait que la BCE arrête de refinancer les banques grecques... on imagine mal l'application d'une mesure aussi radicale.

 

Répercussions sur les autres pays européens

 

Si la Grèce sortait de la zone euro, elle ne rembourserait plus ses dettes. Or, nous lui avons prêté jusqu'à présent 240 milliards d'euros. Athènes doit rembourser aux pays prêteurs (l'Allemagne à hauteur de 25%; la France 20%, l'Italie 17%, etc...). Et en période de tensions budgétaires, ces pays n'ont pas l'intention de s'asseoir sur cette somme.

Donc, coup de bluff évident de Madame Merkel qui, en s'octroyant un droit d'ingérence dans les affaires grecques, réaffirme son leadership politique sur l'Europe à un moment bien choisi : celui des vœux de Nouvel An plutôt lénifiants chez les autres dirigeants européens.

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