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Financer l'innovation pour sortir de la crise et relancer l'économie

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En ce moment, on parle beaucoup de rigueur mais bien moins des moyens concrets pour relancer l'économie. Or, des initiatives existent, des idées germent, notamment dans le milieu des entreprises.
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Radio France
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La crise n’est pas une fatalité si l'on se donne les moyens d’en sortir. Le politique a ses réponses… les entreprises aussi. C’est le cas notamment des PME-PMI qui représentent – on l’oublie trop souvent – près de 98% du tissu entrepreneurial français. Ce sont ces PME qui créent l’emploi en France aujourd'hui et non les grands groupes qui, désormais, vont chercher les gisements de croissance où ils sont, c’est à dire à l’étranger.


L’emploi sera l’un des thèmes majeurs de la campagne pour l’élection présidentielle... que proposent concrètement les petites entreprises ?*

Des auto-entrepreneurs aux professions libérales de l'UNAPL qui tenait congrès hier, en passant par les PME et les entreprises de capital investissement, chacun y va de ses propositions. Ce qui ressort en priorité, c’est un besoin de reconnaissance de la part des pouvoirs publics à travers une fiscalité et une politique favorisant l’investissement privé. On sait que les entreprises qui bénéficient de fonds de capital-investissement affichent une croissance supérieure aux autres. Le différentiel de création d’emploi y est 10% supérieur selon le cabinet Ernst and Young qui a réalisé une étude pour l’AFIC (l’Association Française des Investisseurs en Capital).  Il y a quelques jours, le Comité RICHELIEU (représentant des petites et moyennes entreprises qui innovent par le biais, entre autres, des nouvelles technologies) a publié un livre blanc à l’adresse des différents candidats à la Présidentielle. Que propose-t-il ? : d’abord la naissance d’un vrai statut de l’entreprise innovante pour créer les conditions du financement de l’innovation bien au delà de la seule phase de recherche et développement. Les petites entreprises manquent cruellement de fonds propres, de moyens pour se développer. Le capital-risque qui permet aux sociétés de croître sans passer par la bourse, fait défaut. Autre idée qui pourrait faire mouche (dans la veine du 1% formation) : instaurer une participation de 1% sur les flux d’épargne des grands investisseurs institutionnels (banques, assurances-vie, assurances-retraites) qui irait alimenter des fonds de capital développement (5 milliards d’euros supplémentaires par an pourraient ainsi être apportés au financement des PME).

Ces propositions ont-elle une oreille attentive auprès des candidats ?

A en croire justement le Comité Richelieu et d'autres associations : les politiques se montrent plus intéressés aujourd’hui par ces sujets qu’il y a quelques années. Et puis des structures se mettent en place qui pourraient les convaincre de la pertinence du financement privé de l’innovation. Un seul exemple : le Fonds Stratégique d’Investissement, qui ne s’intéresse pour l’instant qu’aux grandes structures, réfléchit à une action en faveur des entreprises plus modestes.  
Par le biais de la création d’emploi, et au nom d’une politique de croissance, les PME-PMI pourraient bien s’imposer comme les invitées de dernière minute d’une campagne présidentielle qui se voudrait ambitieuse, un peu sur le modèle suédois ou allemand.

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