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Faire mieux avec moins : le big bang de l'Etat

80 propositions concrètes pour réformer l’Etat. Elles doivent être annoncées aujourd’hui par Nicolas Sarkozy. Objectif : rendre l’administration plus efficace et plus économe. Faire mieux avec moins. Est-ce que ça peut marcher ?

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La réforme de l’Etat est un serpent de mer de la vie politique française depuis au moins 25 ans. Cette nouvelle tentative donne quelques espoirs de réussite pour trois raisons. D’abord l’impératif budgétaire. La France est au pied du mur. Elle s’est engagée face à l’Europe à retrouver l’équilibre de ses comptes d’ici cinq ans. Sauf à augmenter les impôts ou à tailler dans toutes ses politiques, elle doit revoir le fonctionnement de son appareil administratif. Exactement comme une entreprise qui cherche à réduire ses frais généraux. Ensuite il y a la méthode. Elle est systématique : depuis six mois, une armée composé de 200 hauts fonctionnaires mais aussi de consultants venus du privé passent au peigne fin, domaine par domaine, toutes les dépenses de l’Etat. Avec des questions qui ont longtemps été tabou dans le service public : quelles sont les attentes et les besoins collectifs ? Comment faire mieux et moins cher ? Un autre acteur – sous entendu le privé – serait-il plus efficace ? Troisième nouveauté : le pilotage politique de la réforme au plus haut niveau. Nicolas Sarkozy s’y implique directement. De quoi briser l’inertie de la machine administrative.

Mais est-ce que ça va changer quelque chose concrètement dans la vie des Français ?

Dans un premier temps, c’est surtout sous le capot que les mécaniciens de la réforme travaillent. Le nombre des administrations parisiennes sera diminué. Localement, on va enfin s’attaquer aux doublons – on a envie de dire triplons ! – dans les services entre ce que font les préfectures de régions, de départements et les collectivités locales. Si ca marche, le citoyen va en bénéficier parce qu’il saura mieux qui fait quoi et à qui s’adresser. Bien sûr, il y a derrière cela l’idée de réduire le nombre des fonctionnaires en profitant des départs massifs à la retraite ces prochaines années. Mais c’est en principe la qualité du service qui doit déterminer les effectifs et non l’inverse. Reste la mise en musique. De ce point de vue, la manière dont le gouvernement a engagé la refonte de la carte des tribunaux est inquiétante : mauvaise concertation, manque de considération pour les magistrats, et sans doute des coûts supérieurs aux économies attendus. Tout ce qu’il ne faut pas faire. Un contre exemple en guise de galop d’essai.

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