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Croissance économique et déficits publics, les illusions perdues du gouvernement

La France ne respectera donc pas son objectif de 3% de déficit public par rapport au PIB à la fin de l'année... c'est le Premier ministre Jean-Marc AYRAULT en personne qui l'a annoncé hier soir sur France 3, au terme d'une journée remplie de déclarations plus ou moins contradictoires de la part de plusieurs membres du gouvernement. Reste à savoir ce que cela change sur le fond !

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En terme de communication autour de la politique économique : strictement rien. La journée d'hier résume à elle seule la manière dont le gouvernement s'est obstiné pendant des mois à tenir un objectif intenable. Les dégâts seraient limités s'il ne s'agissait que de communication. Or, là, nous touchons plus profond : la capacité du pouvoir à nier férocement l'évidence d'une conjoncture économique défavorable au risque de se le voir reprocher plus tard par l'opinion publique. Si Matignon avait écouté économistes et instituts de conjoncture qui n'ont cessé de tirer la sonnette d'alarme, on aurait évité tous ces atermoiements. Seul le rapport de la Cour des comptes semble avoir rappelé nos dirigeants à la raison... les sages de la rue Cambon ont offert au gouvernement une belle planche de salut.

Pourquoi ne tiendrons-nous pas les objectifs ?

En réalité, 2 prévisions sont remises en question ce matin : le déficit à 3% du PIB à la fin de cette année et la perspective de croissance économique de 0.8% sur laquelle Matignon a construit le budget 2013. Pourquoi ? Et bien juste après le printemps (période pendant laquelle est traditionnellement préparé le budget de l'année suivante) l'été est arrivé avec sa douche froide : tous les indicateurs conjoncturels (y compris dans les pays d'Europe du Nord censés être dynamiques comme l'Allemagne) ont fait marche arrière. Marche arrière, sauf pour le gouvernement français qui a pêché par optimisme. Péché d'orgueil. Nous avons attaqué 2013 sans aucun élan (l'INSEE confirme ce matin que la croissance française s'est repliée de 0.3% au quatrième trimestre 2012). Ajouter à cela l'euro fort qui pénalise nos exportations et le tour est joué.

Et en termes de perspectives, qu'est-ce que cela donne ?

La situation est grave mais pas désespérée. Un peu comme pour un foyer endetté, on va revoir l'échéancier. L'essentiel est de garder le cap (0 déficit en 2017... le chef du gouvernement s'y est engagé) tout en ralentissant la vitesse. Hier, le Commissaire européen aux Affaires économiques Oli Rehn a rappelé qu'un délai pouvait être officiellement accordé à tous pays en cas de dérapage de la croissance. On y est. La mesure a été prise pour l'Espagne, le Portugal et la Grèce l'année dernière ? Pourquoi pas la France ?! Ok. Espérons simplement que les marchés financiers considèreront Bruxelles comme caution pour la France et ne nous attaqueront pas pour non respect de nos objectifs. La France mérite-t-elle d'être rabaissée au rang de tous ces pays qui n'ont pas su maîtriser leurs dépenses publiques ? Il revient au couple Hollande-Ayrault de nous prouver le contraire.

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