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Banques : l'incontournable réforme

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Le fonctionnement des banques est au cœur de l'actualité européenne. La pression monte pour réformer le secteur. Peut-on dire que le dossier avance ?
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

La réflexion est engagée dans plusieurs pays et la réforme est sur les rails au niveau européen.... une mission de réflexion conduite à Bruxelles par le Gouverneur de la Banque Centrale de Finlande Erkki Likkanen doit rendre ses conclusions à l'automne. La réforme du secteur bancaire tourne autour de deux axes : d'un côté, les accords internationaux dits de Bâle III qui imposent aux banques de disposer, au plus tard en 2019, d'un niveau de fonds propres nettement supérieur à leurs engagements de crédits. En clair : pour éviter tout risque de déroute, on demande aux banquiers de disposer de plus d'argent qu'ils n'en prêtent. Parallèlement, il y a la volonté de stopper la spéculation. On se souvient de l'affaire Kerviel... plus récemment, de celle de " la baleine de Londres " : le jeune trader qui a plombé de 2 milliards d'euros les comptes de JP MORGAN. Ces deux cas montrent qu'il faut établir des gardes fous car sans secteur bancaire sain, aucune reprise économique n'est possible.


Quelles sont les pistes à l'étude ?*

Trois types d'outils. 1/ La réforme américaine Volcker qui interdit la spéculation pour compte propre (on interdit aux banques de faire une culbute financière avec leur propre argent). 2/ La réforme du britannique Vickers qui prône la filialisation de la banque commerciale par rapport aux activités de marchés... Enfin, 3/ (l'option défendue par François Hollande) : le Glass-Steagall Act, qui consiste à séparer intégralement activités de banque commerciale de la banque d'investissement. Pas de consanguinité pour plus de clarté... le Glass-Steagall Act avait été mis en place aux Etats-Unis après la crise de 1929... il a fonctionné jusqu'à la fin des années 90 et, comme par hasard, c'est à partir de ce moment que les dérives ont repris... jusqu'à la faillite retentissante de la tristement célèbre LEHMAN BROTHERS qui a plongé l'économie mondiale dans le chaos.

Ca serait donc la meilleure solution ?

Pas aux yeux des banques françaises qui ne veulent pas entendre parler de la séparation de leurs différents métoers. Elles font valoir que le financement de l'économie en prendrait un coup. Dont acte. Mais une étude vient battre en brèche ce modèle dit de " banque universelle ". Le cabinet indépendant Alphavalue montre en effet, chiffres et arguments à l'appui, que ce système a profité avant tout aux dirigeants des banques et aux traders mais pas aux actionnaires qui, au contraire, ont  encaissé une perte de valeur de 80% depuis 2007 sur les quatre plus grandes banques françaises cotées en bourse. Au niveau européen, Alphavalue chiffre à 880 milliards d'euros la destruction de valeur engendrée par les pertes de capitalisation et les recapitalisations nécessaires après les erreurs commises. La Fédération Bancaire Française qui regroupe les grands établissements de la place parisienne s'en défend mais ne nie pas la nécessité de réformer. Selon Alphavalue, la séparation des métiers bancaires serait la seule option créatrice de valeur significative et la moins risquée pour les épargnants et les actionnaires... on voit que le grand soir n'est pas pour demain.

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