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Baisse du chômage, comment faire durer le plaisir

Moins 0,7%. Le nombre de demandeurs d’emplois a donc baissé en septembre. Voit-on enfin le rayon de lumière, sous la porte au fond du couloir, que tout le monde attend avec impatience ?

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(Myriam El Khomri, ministre du Travail, le 26 octobre 2015 lors de l'annonce de la baisse du chômage © Maxppp)

23.800 chômeurs de moins dans la catégorie A - les personnes qui n’ont pas du tout de travail -, le chiffre est encourageant. Surtout pour les jeunes 18-25 ans (14.000 en moins sur un mois). Cette baisse de septembre est la plus forte enregistrée depuis huit et l’avant crise, à fortiori depuis l’arrivée de François Hollande à l’Elysée.

Une véritable aubaine pour le gouvernement, et la majorité, en pleine campagne pour les élections régionales, même si on est bien loin de l’inversion de la courbe promise par le président de la République au début de son mandat.

Mais on ne saurait trop conseiller à la nouvelle ministre du Travail, Myriam El Khomri, de ne pas crier cocorico trop vite. Un chiffre mensuel ne fait pas une tendance de fond. 

Cette fois, les chiffres sont là, incontestables !

Regardons tous les chiffres. La baisse dont il est question, est celle de la catégorie A sur septembre (-0.7%). Mais sur un an, cette catégorie est toujours en hausse (+3%). Si l’on additionne les catégories A, B et C (petits boulots, temps partiel, etc…) sur le mois, on est stable mais sur un an, le chiffre progresse de 6%.

Par ailleurs, la baisse chez les jeunes est dûe en grande partie aux contrats aidés. Des contrats largement subventionnés pour des emplois publics ou associatifs, non pérennes.

N’oublions pas non plus qu’en juin 2015, le gouvernement avait modifié les méthodes de calculs pour expurger cette fameuse catégorie A et reporter sur d’autres tranches certaines catégories de chômeurs. A force de triturer les chiffres et les statistiques…

Enfin, l’intérim et les recours aux CDD le montrent : l’amélioration de la conjoncture a été un facteur positif : taux d’intérêts bas, faibles prix de l’énergie et compétitivité de l’euro face au dollar. Mais ce sont des facteurs exogènes de la politique économique française à proprement parler.

Comment peut-on faire pour accompagner ce mouvement de baisse du chômage ?

Il faut profiter de cette période où les choses vont un peu mieux pour lancer des réformes ambitieuses, et non timorées avec à l'esprit les échéances électorales. Deux dossiers sont prioritaires : la formation des chômeurs (notamment de longue durée) et l’apprentissage. L’apprentissage qui n’a pas bonne image en France car jugé dévalorisant pour les élèves. Il est pourtant particulièrement efficace pour les jeunes décrocheurs, sans qualifications.

De ces réformes, et des engagements du patronat, dépendront les chiffres des prochains mois. Rien n’est perdu, au contraire : il faut savoir rebondir et utiliser les signaux positifs tels qu’ils se présentent aujourd’hui, pour qu’un chiffre mensuel se transforme en tendance durable.

(Myriam El Khomri, ministre du Travail, le 26 octobre 2015 lors de l'annonce de la baisse du chômage © Maxppp)