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Baisse d'impôts dès 2015 : mythe ou possible ?

Allons-nous payer moins d'impôts dès 2015 ? C'est ce que l'on pouvait entendre dans les coulisses de l'Elysée hier après la rencontre entre le Président de la République et les partenaires sociaux. Cela a créé la surprise.

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L'annonce peut paraître effectivement surprenante mais le ministre du Budget l'a confirmé ce matin sur France Info tout en étant très prudent. "Nous le ferons si nous le pouvons", a dit Bernard CAZENEUVE, mettant en avant les économies publiques prévues.
Faut-il prendre ces déclarations pour "argent comptant " (sans jeu de mot) ? Espérons simplement que nous ne sommes pas en train de vivre un nouveau plan de communication sans lendemain.

Qui dit plan de communication, dit message à faire passer. Quel serait ce message ?

Il serait logique et à double détente, adressé d'un côté aux français : "on vous a beaucoup demandé jusqu'à présent... donc après l'effort, le réconfort, la récompense...". Si baisse d'impôts il y a en 2015, cela concernerait les revenus de cette année, 2014. Message très politique à la veille des élections municipales.
Et puis message adressé également aux syndicats et à celles et ceux, au sein de la gauche, qui n'acceptent pas les "cadeaux" faits aux patrons.

En pratique, l'Etat peut-il se permettre de baisser les impôts dès l'an prochain ?

Est-ce possible sur le plan structurel ? Est-ce possible sur le plan conjoncturel ?
Sur le plan structurel, les marges de manœuvres sont ténues, voire inexistantes. Les finances publiques vont devoir assumer les baisses de charges des entreprises. Il y a les économies nécessaires : on sait d'ores et déjà qu'il faudra trouver 5 à 10 milliards d'euros supplémentaires aux 50 milliards prévus d'ici 2017. Les regards se tournent immédiatement vers le nombre de fonctionnaires et les millefeuilles territoriaux, deux sujets politiquement très sensibles.
Enfin, les politiques de l'emploi. Emplois d'avenir... emplois aidés... le tout pour plus de 3 milliards d'euros.

Et sur le plan conjoncturel ?

Pour faire rentrer les sous (assurer les recettes), il faut de la croissance. Le gouvernement est certainement optimiste en tablant sur une reprise de 0.7% cette année et de 1,7% en 2015. Dont acte, nous verrons en temps utiles.
Il y a les engagements à respecter vis à vis de Bruxelles en matière de déficits publics (3% du PIB fin 2015. Or, nous sommes aujourd'hui à 4%). Comment rattraper le point manquant en baissant les recettes ? C'est la question.
Enfin, la création d'emploi. Elle ne se décrète pas par des objectifs chiffrés. Une entreprise – surtout une PME – prend le risque d'embaucher si elle est certaine d'avoir des marchés et non sous l'injonction des syndicats. Hier, François Hollande s'est d'ailleurs bien gardé d'imposer aux patrons cet objectif chiffré. Il s'est contenté de les mettre sous surveillance.

A bien vous entendre, la baisse des impôts en 2015 paraît difficile

Si le Président y parvient, chapeau bas et tant mieux car une baisse de la pression fiscale, c'est une amélioration du pouvoir d'achat, moins de tensions dans les foyers, un regain de moral et donc de confiance dont on a tant besoin.
Mais avec ce message lancé hier indirectement, François Hollande a peut-être ouvert un nouveau front alors qu'il s'en sortait plutôt bien avec le Pacte de Responsabilité.
A force de jouer sur le terrain des compromis, le chef de l'Etat pourrait bien s'être attaché un nouveau boulet difficilement gérable.

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