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Après les Eurobonds, les "Eurobunds" ?

Nicolas SARKOZY et Angela MERKEL se retrouvent aujourd’hui à Strasbourg en compagnie du nouveau Président du Conseil italien Mario MONTI. Une réunion de plus pour mettre les pendules à l'heure sur les moyens de sortir de la crise.

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Et il y a du pain sur la planche car les désaccords dans le couple franco-allemand sont encore  nombreux… à ce qu’il paraît, Mario MONTI veut mettre de l’huile dans les rouages. Bienvenue à Strasbourg ! Hier la Commission européenne a livré encore deux occasions de mettre en évidence les divergences de vue au sein de l’Europe. Elle a fait deux propositions en une : créer des « eurobonds » en échange d’un plus grand contrôle des budgets nationaux.

Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?

D’un côté (avec les eurobonds ou euro-obligations) on mutualiserait l’emprunt. Aujourd’hui, chaque pays va, individuellement, chercher de l'argent auprès des marchés pour rembourser sa propre dette et le fait à des taux plus ou moins prohibitifs en fonction de sa notation. Demain, si le principe des eurobonds voit le jour, il s’agira de réunir l’ensemble des dettes des Etats membres de la zone euro dans un même paquet . Les Etats les mieux notés apporteront ainsi leur caution aux mauvais élèves qui pourront alors bénéficier des mêmes taux d’intérêt avantageux. On peut y voir les prémices du fédéralisme.

Mais pour mettre ce système en œuvre, la Commission européenne propose que Bruxelles ait un droit de regard sur les budgets nationaux.

C’est le contre poids, effectivement : que les fonctionnaires et les parlementaires européens puissent mettre leur nez dans les comptes de chaque Etat membre, avec la possibilité de retoquer les pays qui ne maîtriseraient pas, ou mal, leurs comptes publics. Et là, ça coince : le fédéralisme trouve sur son chemin, notamment, les souverainistes.

Telle que vous nous la présentez, la situation paraît inextricable !

Selon de nombreux observateurs, les eurobonds, tels qu’ils nous ont été proposés hier par Bruxelles, n’ont aucune chance de survie. Peut-on imaginer un seul instant que l’Allemagne accepte de fusionner sa dette avec celle de la Grèce et de l’Italie ? Impensable ! D’ailleurs, Angela MERKEL l’a dit hier en réclamant d’abord une plus grande convergence européenne. Une autre solution est à l'étude. L'Institut de Conjoncture français COE-REXECODE y travaille. Il s'agirait de regrouper les dettes des six Etats européens qui bénéficient encore du Triple A (la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande, l’Autriche et le Luxembourg) . Objectif : créer le deuxième marché mondial de la dette publique derrière les Etats-Unis (un potentiel de 5.000 milliards de dollars, soit mieux que la force de frappe de la BCE, du FESF et du FMI réunis). L'Allemagne n'aurait plus de raison de s'opposer à ces "eurobunds" comme les a baptisés REXECODE. Aujourd’hui, il y a un paradoxe. Les Etats ne trouvent plus de liquidités pour se financer alors que beaucoup d’épargnants (fonds de pension ou pays comme la Chine)  ne savent pas comment utiliser leur argent. Ce n’est pas le rendement mais le risque qui pose problème. Levons donc toutes ces incertitudes, mais il faut faire vite… avant de perdre notre AAA. Après, il sera trop tard.

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