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Après Cahuzac, une République exemplaire ?

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En réponse à l'affaire Cahuzac, François Hollande annonce une série de mesures pour moraliser la vie publique. Cette initiative souligne les rapports compliqués entre politique et monde des affaires.
Article rédigé par
Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Certains commentateurs ont été prompts à signaler que Jérôme
Cahuzac, en tant que patron d'une clinique dans une vie antérieure, était le
seul membre du gouvernement Ayrault à avoir eu une expérience dans le secteur
privé. Ce qui aurait pu être un moindre défaut au nom de l'expérience de la
gestion des affaires s'est transformé en véritable fiasco. Quelles que soient les alternances politiques, chaque
gouvernement est confronté à l'inconséquence de certains de ses membres. Entre
conflits d'intérêts ou affaires remontant au plus haut sommet de l'Etat, les
exemples sont nombreux. L'affaire PECHINEY en 1988 qui a débouché sur un délit
d'initiés... le réseau d'influences et de corruption de l'affaire ELF en 94...
le dossier CLEARSTREAM en 2006 ou plus récemment, le dossier BETTANCOURT. Même
si elle est d'une toute autre nature, l'affaire Cahuzac n'est pas la seule à
mettre à mal la ''République exemplaire'' si chère à François Hollande.

D'où les trois mesures annoncées hier par le Président de la
République !

Disons qu'en la matière, la boite à outil est très peu
fournie. Annoncer une réforme du Conseil supérieur de la magistrature d'ici
l'été pour renforcer l'indépendance de la justice ; prévoir une lutte
impitoyable contre les conflits d'intérêts et interdire tout mandat aux élus
condamnés pour fraude fiscale et corruption. Tout cela sent le réchauffé.

Vous voulez dire que la législation ne pourra jamais imposer
la moralisation des dirigeants ?

Aucune loi ne remplacera la
conscience personnelle des élus dans leur fonction quotidienne qui font des
parlementaires des citoyens à part entière. Plus que jamais, les représentants
de la Nation vont être contraints de rendre les comptes : salaire brut
mensuel supérieur à 7000 euros soumis aux charges sociales mais exonérés
d'impôts, indemnités de représentation de 6000 euros sans besoin de justification,
conditions de retraites non négligeables et autres avantages en nature... sans
compter – c'est anecdotique mais révélateur d'un état d'esprit – le siège
qu'ont fait au début de la dernière mandature plusieurs dizaines de députés
auprès de l'opérateur téléphonique prestataire de l'Assemblée nationale pour
obtenir le dernier iPhone5 alors que la mallette qui venait de leur être remise
leur offrait l'ancien modèle iPhone4. Ainsi va la vie mais souvent, même
en termes de réputation, "on hasarde de perdre en voulant trop
gagner". C'est de Jean de La Fontaine et cela fait du bien de le relire de
temps en temps.

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