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Tout et son contraire. Fleur Pellerin : "Je bats souvent Yann Moix au Scrabble"

Ancienne ministre du gouvernement Valls, Fleur Pellerin est l'invitée de Philippe Vandel dans "Tout et son contraire".

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Fleur Pellerin, en janvier 2017.
Fleur Pellerin, en janvier 2017. (ERIC PIERMONT / AFP)

Fleur Pellerin a une trajectoire hors du commun. Elle a été ministre déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Économie numérique (gouvernement Ayrault, 2012-2014), puis secrétaire d'État chargée du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l'étranger (2014) et ministre de la Culture et de la Communication (2014-2016) dans le gouvernement Valls.

D'origine coréenne, Fleur Pellerin est ce qu’on appelle à Séoul un "bébé poubelle", abandonnée dans la rue juste après sa naissance. Elle a été adoptée à l'âge de six mois par un couple de Français. Bac à 16 ans, Essec, Sciences-Po, ENA, magistrate à la Cour des comptes à l'âge de 26 ans, puis ministre à 38 ans : un parcours sans faute.

"Juger la qualité d’un ministre sur le fait qu’il sache allumer sa télé..."

Fleur Pellerin revient dans "Tout et son contraire" sur "l'affaire" Modiano. En 2014, quand l'écrivain reçoit le prix Nobel de littérature, elle déclare n’avoir jamais lu un seul livre de Modiano. Et puis il y a eu la visite de son bureau du ministère de la Culture devant les caméras du Petit journal. Non seulement la ministre n'était pas capable de citer l'auteur du tableau accroché au mur de son bureau, mais ne savait pas faire fonctionner la chaîne stéréo, ni la télé. "Déjà, ce n'était pas mon bureau mais celui du directeur de cabinet... Juger la qualité d’un ministre sur le fait qu’il sache allumer sa télé, je trouve ça absolument absurde. La télé n’était même pas branchée... Moi j’étais là pour bosser, je n’étais pas là pour me prélasser dans mon bureau à utiliser mes gadgets toute la journée ! C'est quelque chose qui me fait rire. J’ai beaucoup d’humour."

"On ne peut pas plaire à tout le monde"

Fleur Pellerin était même morte de rire sur le plateau du Petit Journal quand ils lui ont passé la séquence. Hélas, elle a moins rigolé quelques mois plus tard, puisqu’elle a été débarquée du ministère de la Culture, remplacée par Audrey Azoulay. "On ne peut pas plaire à tout le monde. Un ministre de la Culture a besoin de la durée. Je pense qu'il y a des choses merveilleuses à faire, qui ne sont pas manger des petits fours ou aller à des vernissages. Il y a un travail à faire qui ne peut pas se limiter à être en représentation ou à faire des mondanités. Il y avait peut être une erreur de compréhension de ma part sur la lettre de mission qui m'a été confiée..."

Fleur Pellerin travaille aujourd'hui dans le secteur privé. Huit mois après son départ du gouvernement, elle a lancé Korelya Capital, un fonds d’investissement franco-coréen qui finance des start-up avec une enveloppe de 100 millions d’euros à distribuer en Europe et surtout en France. Fleur Pellerin jouit d'un "notoriété absolument incroyable" en Corée. "Cela a des ressorts irrationnels, au fait que je sois née en Corée, que j'aie ce visage. Des gens là-bas me disent : 'On est fiers de toi'. Je suis en train d'essayer laborieusement d'apprendre le coréen." 

Fleur Pellerin a une formation de musique classique et joue du piano. Chez elle, elle peut écouter d’affilé 10 ou 20 versions différentes du requiem de Mozart mais l’ex-ministre de la culture est aussi une fan de karaoké. "Je peux chanter de tout, du Haendel comme du Amel Bent, des merdouilles comme du répertoire" s'amuse-t-elle. Elle confesse ne pas supporter perdre au Scrabble, conformément à la réputation que lui fait Yann Moix. "Je bats souvent Yann Moix au Scrabble, Mais sans tricher ! C'est le talent !"

Fleur Pellerin, en janvier 2017.
Fleur Pellerin, en janvier 2017. (ERIC PIERMONT / AFP)