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Serge Toubiana : "L'écriture des scénarios est sous-financée"

Serge Toubiana est une figure du cinéma français. Immense cinéphile devant l'éternel, il est depuis 11 ans le directeur de la Cinémathèque française, après avoir dirigé Les Cahiers du Cinéma. La Cinémathèque consacre une exposition au musée imaginaire d'Henri Langlois.

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Henri Langlois fut un personnage savant et haut en couleurs, inventif et opiniâtre, à l'instar d'autres grandes figures du XXe siècle qui mêlèrent l'extravagance de leurs projets à celle de leur comportement. La Cinémathèque française est son œuvre. Elle impulsera également la création de cinémathèques dans le monde entier. C'est pourquoi la Cinémathèque lui rend hommage à travers l'expostion Le musée imaginaire d'Henri Langlois.

"Les cinémathèques sont nées pour sauver le cinéma muet de la destruction parce que l'on veut récupérer sur la pellicule argentique les fines poudres d'argent, "  explique Serge Toubiana. "Nous allons montrer beaucoup d'œuvres d'art parce que Langlois admirait Matisse, Miro, Chagal... Pour Langlois le cinéma est un art aussi important que la peinture et la littérature. "

Le cinéma

Depuis janvier 2014, Serge Toubiana est le nouveau président de l'Avance sur recettes, c'est la structure qui attribue au film une part du financement à la lecture du scénario, même si une grande part des films français est financée par les chaînes de télévision. Il estime que le cinéma français produit trop de films chaque année (270).

"Je pense que c'est beaucoup parce que beaucoup sont mal produits, avec les moyens du bord, sans les moyens d'arriver sur les écrans dans les meilleures conditions. L'accès au financement est relativement aisé pour les films, mais souvent l'écriture des scénarios est sous-financée. Les producteurs n'investissent pas assez sur l'écriture d'un film. "

La télévision

Serge Toubiana estime que la télévision finance de plus en plus le cinéma, qu'elle consomme de plus en plus de cinéma, et pourtant elle ne sait pas en parler.  

"Il n'y a plus une émission de cinéma à la télévision. On ne sait plus le faire, on ne veut plus le faire. La télévision méprise le cinéma. La télévision c'est soit le lieu du cynisme, soit le service public qui n'a pas une très haute considération pour les films. Il a honte d'être impliqué dans des produits culturels. "

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