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Jean-Luc Roméro : "Je n’ai pas changé un seul de mes principes"

Jean-Luc Roméro, autrefois à l'UMP, est désormais apparenté PS. Militant anti-sida, et pro-mariage gay, il a été le premier homme politique national à déclarer son homosexualité. Président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité, il publie "Monsieur le président, laissez nous mourir dans la dignité."

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(Jean-Luc Roméro, président de l'ADMD © Maxppp)

Jean-Luc Roméro a décidé d'interpeller François Hollande et les députés sur les questions de l'euthanasie et du suicide assisté. Si une majorité des Français de disent favorable à l’euthanasie et que cela faisait partie des promesses de campagnes de François Hollande, la loi n’existe toujours pas.

 

"C’est la force de deux lobbies et de la trouille de la présidence de la République. Les deux lobbies ce sont les députés et sénateurs qui sont professeurs de médecine et à côté le lobby religieux, extrêmement puissant à l’Assemblée. Le président de la République a la trouille, mais il serait temps qu’il tienne ses engagements.

La politique

Jean-Luc Roméro a un parcours politique complexe, pour ne pas dire sinueux. Il a débuté au RPR. Il a été secrétaire national de l'UMP, puis est passé aux radicaux de gauche. Il a également soutenu François Bayrou. Il siège désormais avec le PS au conseil régional d’Ile-de-France, et à la municipalité du 12e à Paris.

 

"Je défends toujours les mêmes convictions. Si vous regardez ce que je défendais il y a 15 ans, je n’ai pas changé un seul de mes principes. Mais au bout d’un moment je me suis retrouvé dans un parti où je ne me reconnaissais plus. "

 

En 2006, il déclarait : "Ségolène Royal c’est la Boutin de gauche, avec elle c’est la répression sociétale. » « A l’époque, elle était contre le mariage gay, l’euthanasie, et elle avait des positions assez conservatrices sur les questions de moeurs. Elle a évolué à la dernière présidentielle. "

TOUT ET SON CONTRAIRE / Le parcours de Jean-Luc Roméro
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Bouleversements personnels

Sa vie a basculé en 87 quand il a appris qu’il avait le sida. A l’époque, avant les trithérapies, on lui donnait peu de temps à vivre.

 

"Il commençait à y avoir des traitements, mais à l’époque c’était comme une épée de Damoclès, je pensais que ma vie était terminée et que je n’avais plus d’avenir. C’’est toujours mon problème aujourd’hui, je n’arrive pas à penser loin dans l’avenir, j’ai toujours peur de mourir le lendemain. "

 

Il a attendu 2002 pour révéler sa séropositivité. A peu près en même temps que son homosexualité.  

Au lieu de la cacher, il a même publié un livre sur le sujet en 2011 : Homo politicus , dans lequel il dénonce quelques idées reçues. Il parle de double vie, mais pas dans le sens où on l’entend généralement et explique que de nombreux politiciens sont homosexuels sans donner de noms.

 

"J’ai eu des collègues homosexuels qui ont eu très très peur, parce qu’à un moment je disais qu’il y avait des parlementaires homosexuels et ils ont eu peur que j'en dise plus. Je n’aurais jamais fait cela, ça n’a aucun intérêt. Ce n’est pas facile d’assumer son homosexualité aujourd’hui et c’est à chacun de le dire, on ne doit pas le dire à la place des autres. "

 

"Certains ont une double vie. Ils font des tracts en mettant la belle photo d’une famille alors qu’à Paris ils courent les saunas gays ou d’autres choses. Cette réalité là est due à la difficulté de vivre son homosexualité. Mais les nouvelles générations le vivront de plus en plus facilement. "

TOUT ET SON CONTRAIRE / Le vrai-faux de Jean-Luc Roméro
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 L'Association pour le droit à mourir dans la dignité  (ADMD)

Monsieur le président, laissez nous mourir dans la dignité , de Jean-Luc Roméro, chez Jean-Claude Gawsewitch

(© Jean-Claude Gasewitch)
(Jean-Luc Roméro, président de l'ADMD © Maxppp)