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Tout est politique. Jean-Christophe Lagarde : "La France a utilisé les Kurdes pour combattre Daech. Aujourd'hui, la Turquie les massacre et personne ne dit rien"

Les invités de "Tout est politique" sont notamment revenus, lundi 19 mars, sur la prise par les Turcs de la ville d'Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie.

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Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, et Geneviève Darrieusecq, secrétaire d\'État auprès de la ministre des Armées, sur le plateau de \"Tout est politique\", lundi 19 mars.
Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, et Geneviève Darrieusecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, sur le plateau de "Tout est politique", lundi 19 mars. (RADIO FRANCE)

Au sommaire de "Tout est politique" lundi 19 mars sur franceinfo, le rythme des réformes, encore et toujours, mais également un regard sur les missions de nos armées. Parmi nos invités, Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI et du groupe d'étude sur la question kurde, a reproché le "silence" de l'Occident, dont la France, face au "massacre" des Kurdes au lendemain de la prise de contrôle d'Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, par l'armée turque. 

L'extrait

franceinfo : Quel regard portez-vous Jean-Christophe Lagarde sur les combats dans l'enclave d'Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, conquise par les Turcs qui en ont chassé les Kurdes ?

Jean-Christophe Lagarde : Quand j'entends dire que la France a fait ce qu'elle pouvais, ce n'est pas vrai. La France, comme les États-Unis d'ailleurs, a utilisé les Kurdes quand il s'agissait de combattre Daech, nos ennemis qui nous combattaient. On les a équipés, insuffisamment, mais on les a équipés. Et aujourd'hui la Turquie les massacre, sous de mauvais prétextes, sous de faux prétextes, simplement pour régler une question de politique intérieure et de difficulté intérieure.

Les Turcs, qui sont dans l'OTAN, sont censés être nos alliés. Et aujourd'hui, ces pseudo-alliés massacrent nos alliés et personne ne dit rien (...) Ce n'est pas le fait de madame Darrieussecq, ce n'est même pas le fait de monsieur Macron, mais j'aurais aimé, même discrètement, qu'on assume deux choses. D'abord d'équiper, pour se défendre, des gens qui ont risqué leur vie contre les pires barbares que nous ayons eus à affronter dans le XXIe siècle, je parle de Daech. Et deux, qu'on assume enfin cette contradiction.

La Turquie est membre de l'OTAN, elle est censée être notre alliée, mais nous savons qu'elle a joué un rôle plus que trouble vis à vis de Daech, que la démocratie n'est plus son apanage (...) et trois, elle massacre aujourd'hui des populations kurdes dans le silence occidental absolu (...) Je trouve ce silence invraisemblable et scandaleux.

Les invités

GenevièveDarrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées

Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, député de Seine-Saint-Denis, co-président du groupe Agir à l’Assemblée Nationale

Bruno Cautrès, politologue, chercheur CNRS au CEVIPOF, enseignant à Sciences Po

Gilles Bornstein, éditorialiste de Franceinfo.

Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, et Geneviève Darrieusecq, secrétaire d\'État auprès de la ministre des Armées, sur le plateau de \"Tout est politique\", lundi 19 mars.
Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, et Geneviève Darrieusecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, sur le plateau de "Tout est politique", lundi 19 mars. (RADIO FRANCE)