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Toujours se méfier du Web!

Quand un éditeur prestigieux comme l'italien Einaudi confond la photo d'un écrivain américain (John Fante) et celle d'un poète anglais (Stephen Spender) en couverture d'un livre qu'il publie, il y a un sacré problème. Surtout quand une petite recherche élémentaire sur le Web permet de retrouver la source probable de l'erreur... Ainsi que la photo originale de celui qui n'est pas John Fante...

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Ce matin l’autre info est en Italie

En Italie oui la maison d’édition Einaudi publie un recueil de la correspondance entre 1932 à 1981 de l'écrivain américain John Fante, dont le titre est Lettere. Il était prévu qu'en couverture soit utilisée une photo de l’auteur, John Fante, mais là, problème, c’est une photographie d’un autre, le poète anglais Stephen Spender qui est en couverture à la place de John Fante.

Vous voulez dire qu’ils se sont trompés de visage sur la couverture…

C’est ça. Et pour avoir été éditeur dans une vie antérieure je peux vous dire que c’est un cauchemar. Surtout que la maison Einaudi n’est pas une petite maison d’édition qui débute. C’est l’un des plus prestigieux éditeurs italiens, fondé en 1933 par Giulio Einaudi. C’est notamment chez Einaudi qu’a été publié en 1950 la première traduction en Italien de la Recherche du temps perdu de Proust. C’est un très grand éditeur dans lequel on peut trouver Primo Levi, Samuel Beckett ou Patrick Modiano notre récent prix nobel de littérature.

Mais l’erreur a bien eu lieu…

Eh oui, et comme l’explique le site actualitté.com c’est sur le réseau social Twitter que la maison Einaudi a présenté ses plates excuses : « Nous nous sommes trompés sur la photo de couverture de Lettres de John Fante. C'est celle de Stephen Spender et non de John Fante. Nous y remédierons dans la réimpression. ». Alors si les deux auteurs sont tous les deux nés en 1909, c’est le seul point commun entre eux, l’erreur semble inexplicable.

Sauf Guy que vous avez peut-être bien trouvé la source de l’erreur…

Je suis allé regarder les photos de John Fante sur Internet, sur Google, le moteur de recherches. Là, je suis tombé très vite sur un article de Paris-Match du 31 juillet 2013 à propos de la réédition d’un livre formidable de Fante intitulé « La route de Los Angeles ». Cet article de Paris-Match est illustré par une photo qui est légendée « John Fante, jeune homme, au début des années 30 » Sauf sauf sauf… que… ce n’est pas du tout John Fante ce jeune homme ! C’est le poète anglais Stephen Spender. C’est exactement la même confusion que sur la couverture du livre italien ! L’erreur en ligne depuis un an et demi est la même ! Du coup sur Internet la photo de Spender est la deuxième qui apparaît lorsque l’on cherche une photo de Fante. C’est en fait une photo de Spender datant de 1934 qu’on trouve à la National Portrait Gallery. Merci GOOGLE ! Alors autant terminer en donnant à tous nos auditeurs l’envie de lire la correspondance du vrai Fante.

Petit extrait : « Si j'ai appris quelque chose pendant mon existence, c'est que la vie ne propose aucune leçon à apprendre. Il faut simplement marcher la tête haute et encaisser les coups sans broncher » . On dirait presque du Mélenchon, non ?

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