Si j'étais ..., France info

Si j’étais... Anne Hidalgo

Le Conseil de Paris doit voter ce 26 septembre la piétonisation des voies sur berge sur la rive droite de la capitale. Le débat sera houleux car l'opposition de droite est contre ce projet. Karl Zéro s'imagine maire de Paris et se met à la place d'Anne Hiladgo.

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Anne Hidalgo, maire de Paris lors d\'une conférence de presse sur le tourisme , le 30 mai 2016
Anne Hidalgo, maire de Paris lors d'une conférence de presse sur le tourisme , le 30 mai 2016 (BERTRAND GUAY / AFP)

Si j’étais Anne Hidalgo, je serais toute frétillante ! Car c’est aujourd’hui que je vais passer en force (enfin faire voter par ma majorité municipale) la piétonisation des 3,3 km de la voie sur berge rive droite dite Georges Pompidou. Aux 43 000 automobilistes qui empruntaient jusqu’à aujourd’hui cette autoroute urbaine reliant l’Ouest et l’Est de Paris, je leur dirais que je ne fais pas ça par gaieté de coeur mais parce qu’il y a une réelle "urgence sanitaire". C’est vrai que 43 000 voitures de plus Boulevard Saint-Germain, faute de voie sur berge, cela va avoir un impact considérable sur la pollution : elle va être massivement déplacée… vers le VIe arrondissement, qui vote trop à droite.

Ah ça, ils vont en bouffer de la particule fine, les bourges du VIe, et avec eux les intellos en terrasse des "Deux Magots" qui ressembleront à des ramoneurs. Rapidement, dans un délire de klaxons, de fumée et de bus écrasant des scootéristes pour se passer les nerfs, tout ce petit monde "germanopratin" sera emporté par des pneumonies foudroyantes, des laryngites carabinées en rafales…Ils auront tous la voix d’Yves Mourousi :  "Marie-Laure, ferme la fenêtre, j’étouffe ! "

Des prolos à Paris

Si j’étais Anne Hidalgo, une fois cette classe dominante éradiquée du VIe, leurs triplex avec terrasses deviendraient sur mon ordre des logements sociaux, où je n’installerai aucun migrant - il y'a aura bientôt mon campement humanitaire désormais- mais de vrais prolos, vous savez, ces pauvres bougres avec la casquette vissée sur la tête, qui aiment les trilles de l’accordéon, roulent en mobylette bleue et boivent des litrons de rouges dans des bouteilles consignées. J’en ai en vu en photo dans un livre. Il est de mon devoir de les faire revenir à Paris. 

Comment ça, ils n’existent plus ? Tous morts ? Et bien… nous les ressusciterons ! Après tout c’est l’apanage de la gauche, de pouvoir faire bouger les lignes. Le pouvoir de dire "Oui , lève-toi et marche, ami prolo ! "

Si j’étais Anne Hidalgo, je serais toute fébrile ! Savoir que dès demain, petits et grands, jeunes et vieux vont s’emparer de leurs Vélib' pour venir flâner sur cette belle rive droite réaménagée, bordée de magnifiques plants géants de cannabis en pot, avec des buvettes, des guinguettes, et des sanisettes. 

Le Paris des Rita Mitsouko

Cette berge du bonheur, rebaptisée  "Allée des Branleurs - Bertrand Delanoé" fera Paris- Plage l’Eté, Paris- Neige l’hiver ! Une foule, tant hétéroclite qu’homoclite, myope que presbyte y déambulera, livrée à elle-même, aux plaisirs du chômage, c’est-à-dire à tous les plaisirs, à l’oisiveté qui est -et c’est si bon- la mère de tous les vices. 

Ça, c’est Paris ! Le Paris qui pétille et qui chaloupe de Mistinguet, des Rita Mitsouko ou de Renaud. Ah non, lui c’est vrai, il est vieux, il vote Fillon. Il n'aurait pas du arrêter de boire. Et haut-dessus me direz vous ? Au dessus de ces quais enfin rendus aux parisiens qui n’ont que ça à foutre que d’aller glander ?

Eh bien, il y aura la longue cohorte statique des véhicules de banlieusards, surchauffants dans leurs bagnoles neuves (puisqu’on leur interdit de prendre leur vieille), suffocants dans leurs propres gaz d’échappement pour aller vers un boulot où il n’arriveront jamais, un travail si difficile à trouver et si pénible à faire, tout ça pour se payer cette voiture neuve. Quel gâchis ! Mais bientôt, je le sens, je le sais, ils abandonneront leurs bagnoles, leur vie de forçats, d’esclaves de la mondialisation, et descendront nous rejoindre sur le quai, pour batifoler nus avec nous, sans chemises sans pantalons, dans ce Paris "Delanoïsé", ce Paris "Hidalgoïsé", bref ce Paris... libéré !

Anne Hidalgo, maire de Paris lors d\'une conférence de presse sur le tourisme , le 30 mai 2016
Anne Hidalgo, maire de Paris lors d'une conférence de presse sur le tourisme , le 30 mai 2016 (BERTRAND GUAY / AFP)