Si j'étais..., France info

Si j'étais... Nicolas Sarkozy

Karl Zéro s'est mis dans la peau de Nicolas Sarkozy, ancien président de la République.

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Nicolas Sarkozy au Stade de France, le 27 mai 2017, aux côtés d\'Anne Hidalgo. Au premier plan, Emmanuel Macron.
Nicolas Sarkozy au Stade de France, le 27 mai 2017, aux côtés d'Anne Hidalgo. Au premier plan, Emmanuel Macron. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / NURPHOTO / AFP)

Si j’étais Nicolas Sarkozy, je sortirais du long silence où je me suis emmuré depuis tant de mois pour dire bravo à Emmanuel Macron. Champion, Midas ! Je l’ai dit à des proches: "Macron il est comme moi… mais en mieux !" Et c’est vrai. Tout ce que j’ai raté, il le réussit, et tout ce que j’ai réussi, il le fait oublier… Et tout ce que je veux faire oublier, il le fera ressortir par la justice ! Le Bayrou, il va pas me rater, tu penses…

Mais là, tiens, je m’en fous. Je suis tout à la joie d’admirer un aussi bel animal politique ! Chapeau l’artiste ! Chapeau bas Macron ! Allez les enfants, faut être beau joueur, quoi… Je les entend les Guaino, les Lefebvre, tous mes anciens lieutenants qui se tordent les mains en pleurnichant, et je leur dis : un peu de retenue, messieurs, montrez vous sportifs, du fair-play bande de cornichons ! Un peu de classe, quoi, bordel !

Saluez le talent !

C’est pas en insultant vos électeurs, en disant après-coup qu’ils sont "à vomir" que vous les ferez revenir. La roue tourne… Et en plus ils pensent la même chose de vous, et comme c’est eux qui votent, hein… De toutes façons, ils reviendront pas aux urnes de sitôt, pas avant 5 ou 10 ans… La main passe, c’est comme ça: vous êtes pas au deuxième tour, alors hop, circulez… Ou tiens, allez, mettez vous en rang le long des Champs-Elysées et faites une haie d’honneur à Macron : saluez le talent, que dis-je, le génie qui passe !

C’est comme à la Révolution : on a tué le roi, et on se retrouve avec un empereur… Chapeau bas, Bonaparte ! Magnifique remake du 18-Brumaire ! Sublime "hold-up démocratique", grandiose "fric-frac institutionnel" !

Le Macron, il peut faire ce qu'il veut

Si j’étais Nicolas Sarkozy, franchement, je ne me lamenterais pas comme les autres, je comprendrais pourquoi on vient de tout perdre, nous et ces pauvres cons de socialos. C’était écrit. Depuis Mathusalem, on a promis tout et n’importe quoi, en sachant pertinemment qu’on ne tiendrait rien. C’était comme ça: à part eux et nous, il n'y avait personne, on était tranquilles, c’était chacun son tour…
Macron, lui, il n'a rien promis, d’ailleurs il n'avait pas de programme. A part lui, évidemment. Maintenant, avec sa future assemblée 100% apolitique et 100% société civile, ce fan club composée de dames-pipi et de carrossiers, d’étudiants et de retraités, ça va être royal au bar de la République: il leur fera entériner tout ce qu’il veut ! Du coup, toutes les réformes urgentes dont je parle sans les faire depuis les années 1980, il va les promulguer par décret, tranquille.

Parce que ses élus, mettez vous à leur place : ils n'ont jamais été député, ils ne savent pas du tout comment ça marche, la vie politique. Le temps qu’ils pigent, tout occupés qu’ils vont être à aller frimer dans leur cambrousse avec leurs voitures à cocarde et à gyro, sans parler de leurs logements de fonction à Paris avec les maîtresses qui vont bien, ils ne risquent pas de le contredire de sitôt, le Président…

Le Macron, il sait qu’il peut faire tout ce qu’il veut. Il a la main absolue. Carré d’as et un joker. Il peut décider de s’installer à Versailles, de rétablir la peine de mort ou de gracier Cahuzac, il peut se faire construire un palais à la Ceaucescu , faire tirer sur la foule anti-loi travail, ou se couronner lui-même comme Bokassa Ier, tout le monde trouvera ça génial, moderne, et dira : la France est de retour !  

Si j’étais Nicolas Sarkozy, vous l’aviez compris : je voudrais être Emmanuel Macron.

Nicolas Sarkozy au Stade de France, le 27 mai 2017, aux côtés d\'Anne Hidalgo. Au premier plan, Emmanuel Macron.
Nicolas Sarkozy au Stade de France, le 27 mai 2017, aux côtés d'Anne Hidalgo. Au premier plan, Emmanuel Macron. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / NURPHOTO / AFP)