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Si j'étais... Michèle Alliot-Marie

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Michèle Alliot-Marie est candidate à l'élection présidentielle sans être passée par la case "primaire de la droite et du centre". Karl Zéro s'imagine à sa place.

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Radio France
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Karl Zéro s'imagine dans la peau de Michèle Alliot-Marie (JOHN THYS / AFP)

Si j’étais Michèle Alliot-Marie, je savourerais l’instant ! Ma candidature officielle à l’élection présidentielle, c’est l’évidence, si j’en crois l’invraisemblable buzz qu’elle a soulevé sur les réseaux sociaux gaullistes, en fait trembler plus d’un. François Fillon le premier, ce schizophrène tatchérien, ce croque-mort libéral, sait qu’il va "morfler grave", comme dit mon petit-fils, Louis-Charles-Edouard-Jérôme. 
Je me présente sous l’étiquette du "Gaullisme Social", parfois appelé également "Gaullisme de gauche", une étiquette devenue illisible depuis le décès de René Capitant, et collée depuis sur tant de fronts qu’elle n’adhère plus à aucun. Mais c’est comme d’avoir un programme, en politique, cela n’a aucune espèce d’importance.

Tout est dans la tonalité

Ce qui compte, et c’est le Président Chirac qui me l’a appris, c’est le ton.  Il m’a dit "Michèle, on va jouer au jeu à dada sur mon bidet". Ce qui compte Michèle ce sont les mots, et la tonalité avec lesquels on les prononce. C’est cela qui marque les esprits et pousse la main au vote.  Si on dit "à- dada sur- mon- bidet" c’est nul, c’est poussif, c’est du Hollande, du Bayrou, de la couille. En revanche, si comme moi, on a appris le phrasé à la Chirac, mi-corrézien mi-coké, ça donne "A DADA euh SUR MON BIDET !" Et c’est épatant ! Les gens en redemandent !

Si j’étais Michèle Alliot-Marie, je me serais donc gardée de me présenter à la primaire de la droite et du centre, d’abord parce que je ne tenais pas à recroiser Jean-Frédéric Poisson, un enjôleur, un frôleur, avec lequel j’ai eu une très brève liaison en 1972 sur laquelle vous me permettrez de ne pas m’étendre car je sais que mon mari, M. Ollier, est à l’écoute. Patrick, je te rassure, ce fut juste un baiser, un peu fou, sur la plage de Sainte Barbe, il m’avait offert une glace Lopez et j’ai craquée. Car je suis femme, Patrick !

Où en étais-je ? Oui, à la primaire. Je pense que cette sorte de Star-Academy en cravates n’est pas dans l'esprit de nos institutions. Le Général de Gaulle, dans le calme, le silence de Colombey, lorsqu’il rédigea notre Constitution de la Veme République, tandis qu’entre 1946 et 1958 se consumaient dans l’ âtre quelques buches de chênes centenaires -c’est dire s’il eut le temps de peser ses mots- le Général donc, qui vomissait l’idée-même de parti, décréta qu’un candidat issu d'un parti ne pouvait pas incarner l'unité nationale. C’est pourtant ce que firent tous ses successeurs, mais le Général n’étant plus là, il ne put leur botter le cul.

Bref, si j’étais Michèle Alliot-Marie, j’aurais jouée la carte de la surprise, de la candidature inattendue, car comme le dit Sun Tzu : "Tout l'art de la guerre est basé sur la duperie."

Oui, j'ai la stature

Alors, j’entends d’ici certains s’interroger, comme ce déplorable Bernard Accoyer, placé à la sauvette à la tête du RPR : Michèle n’a pas le niveau. Michèle est has been. Michèle ferait mieux de retourner en Tunisie. C’est mal me connaître. Permettez moi de répondre ! Michèle a-t-elle la stature? Oui, j’ai la stature car, dès 1986, j’ai été secrétaire d’Etat à l’Enseignement, sous René Monory, dit le garagiste de Loudun, un homme exigeant, dur à la tâche, mais juste ! Notez qu’après, j’ai eu aussi la Défense, l’Intérieur, la garde des Sceaux, et les Affaires Etrangères ! Qui dit mieux ? Alors, à la question "Michèle a-t-elle toute sa tête ? " je dis "Oui ! Michelle et ma belle sont deux mots qui vont très bien ensemble !"

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