Si j'étais ..., France info

Si j'étais... Manuel Valls

Manuel Valls et Benoît Hamon vont débattre mercredi avant le deuxième tour de la primaire de la gauche. Karl Zéro s'est imaginé dans la peau de l'ancien Premier ministre.

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Manuel Valls, candidat au second tour de la primaire à gauche, maquillé pour un débat télévisé, le 19 janvier 2017.
Manuel Valls, candidat au second tour de la primaire à gauche, maquillé pour un débat télévisé, le 19 janvier 2017. (ERIC FEFERBERG / POOL)

Si j’étais Manuel Valls, je serais dans les starting-blocks, par rapport à mercredi 25 janvier au soir, le débat avec Hamon. J’espère que vous allez le regarder, hein, parce que je vais être très, très bon ! Je vais renverser la vapeur ! Et la voile aussi, s’il le faut ! D’ailleurs c’est simple: si je ne suis pas au niveau ce soir, si ce benêt de Benoît l’emporte aux yeux du million et demi de socialistes... Hein? Oui, du million virgule trois de socialistes... Si ce benêt de Benoît l’emporte, donc, je vous préviens, c’est fini, là, on tourne une page de l’histoire de France !

Car je suis l’ultime représentant d’une race – que dis-je ? – d’une tribu en voie d’extinction. Celle des Mitterrand, des Rocard, des Jospin, des Hollan... Euh... Harold ! On avait dit qu’on le mettait plus jamais dans mes speechs, celui-là ! J’ai rien à voir avec lui, déjà que j’assume ses innombrables conneries !

Excusez-moi, je... je parlais à mon nègre, mon conseiller technique aux discours parlés, mon porte-parole, quoi. Bref, si vous arrêtiez de m’interrompre, si je pouvais aller au bout d’une idée. Je vous dirais que je suis le dernier Mohican des sociaux-démocrates à la française. La gauche de pouvoir. La gauche de responsabilité. La gauche aux affaires. Comment ça, nerveux ? Qu’est ce que vous voulez dire ? Je ne suis pas nerveux du tout. Je suis tout le contraire : je suis concentré, droit dans mes bottines, inflexible… Catalan en un mot !

Rester drôle. Enfin, l'être. Essayer 

Si j’étais Manuel Valls, ce soir, je l’attaquerais direct avec la question qui tue : "Benoît, mon benêt, serait-il concevable, avec ton revenu universel, de verser la même somme à mettons… Liliane Bettencourt et à quelqu'un qui galère grave ?" Là, il est mort. Sauf s’il me dit : "Ben ouais, je vois pas le problème, vu que Liliane, elle s’en rendra même pas compte !" S’il joue la carte humour, s’il met les rieurs de son côté, je suis cuit. Je dois être offensif, pugnace, je dois clarifier, le pousser dans ses retranchements mais aussi, et surtout, rester drôle. Enfin l’être. Enfin, essayer. Une fois, au moins

Je n’ai jamais été un grand comique. Il faut qu’on me trouve des vannes pour ce soir. Harold !  Appelle Bernard Mabille ! Comment ça, il est mort ? Alors appelle Roucas ! Ou l’autre là, Eldin !

Si j’étais Manuel Valls, je ne manquerais pourtant pas d’argument pour concasser ce gland de Benoît ! D’abord c’est un inconscient: il n’a pas voté la prorogation de l'état d’urgence. Il se moque bien d’assurer la sécurité des Français alors que... Le danger est encore là, je le sens, et pour au moins 50 ans ! 

Non, je ne suis pas fébrile

Secundo, il fume trop de weed. Ou il a a chopé alzheimer. Il fait le beau, là, le Jean Ferrat pour bobos, le vendeur de lendemains qui chantent, mais nos lois (qu’il conspue aujourd’hui), il les a toutes votées et à deux mains, le lascar de Trappes. Jusqu’à ce qu’on le foute dehors. À chaque choc de Hollande, il était avec nous ! Choc de compétitivité, choc de sécurisation, choc de responsabilité, Chocapic.

Après tant de chocs il y a de quoi resté sonné, croyez moi, mais non je ne suis pas fébrile ! Juste gonflé, comme une outre, d’un courroux légitime ! Un autre exemple de l’ambiguïté absolue de ce garçon ? Saviez-vous qu’il fait le jeu de l’islam le plus radical ? Qu’une femme ne puisse pas entrer dans un café parce que c’est une femme, c’est intolérable, mais ça ne le dérange pas ! Il l’a publiquement déclaré ! Je le soupçonne d’être secrètement islamiste. Parfois, il marmonne tout seul, dans sa barbe, je suis sûr que c’est des sourates ! Mais ce soir je lui dirais : "Et si elle a très envie de faire pipi, la dame, elle peut entrer dans le café ?" Là, je le détruis, je le bousille, il est coincé. C’est sûr ! Je vais gagner.

Allez, salut. Dîtes, je pourrais revenir, quand il m’aura explosé ? Juste m’asseoir, respirer l’odeur des studios, pour repenser au bon vieux temps ?

Manuel Valls, candidat au second tour de la primaire à gauche, maquillé pour un débat télévisé, le 19 janvier 2017.
Manuel Valls, candidat au second tour de la primaire à gauche, maquillé pour un débat télévisé, le 19 janvier 2017. (ERIC FEFERBERG / POOL)