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Si j'étais... Jean-Marc Morandini

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Karl Zéro se met dans la peau de Jean-Marc Morandini.

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Radio France
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Le présentateur Jean-Marc Morandini en conférence de presse, le 19 juillet 2016. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Si j’étais Jean-Marc Morandini, je serais "confiant dans la justice de mon pays". Après tout, même si ma garde à vue à la brigade des mineurs se prolonge un peu, j’ai droit comme tout citoyen au respect absolu de ma présomption d’innocence. J’ai juste regretté, en arrivant à la brigade, qu’il y ait plusieurs policiers pour m’interroger. Un seul aurait suffi… Avec un Indien, un cow-boy et un pompiste, y aurait eu plus d’ambiance !

Mais revenons à ma présomption… C’est vrai, c’est un peu facile de salir, de calomnier comme ça, sans preuves, j’en sais quelque chose ! Mon site d’infos exclusives et confidentielles jeanmarcmorandini.com, a toujours lutté contre ça, avec une grande vigueur ! Par exemple, quand Robert Rochefort, l’ex-numéro 2 du Modem, s’est fait prendre chez Casto alors qu’il nettoyait une perceuse et que le coup est parti, on a été très prudent : on a utilisé le conditionnel ! On a titré "Robert Rochefort qui serait numéro 2 du Modem surpris en pleine branlette face à deux petites filles !". Le "qui serait" ça change tout : ça préserve l’honneur. C’est important, l’honneur.

Et mon honneur à moi, Jean-Marc Morandini, il a été sali, j’ai été traîné dans la boue par l’ensemble des médias, qui ont passés la journée d’hier à faire des gros titres racoleurs sur moi… Seul I-télé et jeanmarcmorandini.com ont fait preuve de décence… en n’en parlant pas. Je les en remercie. Pas comme Europe 1. Quand j’y retourne, ma première émission sera sur la présomption d’innocence.

Dès le début de cette pseudo-affaire, montée de toutes pièces, j’avais dénoncé l’ignoble complot ourdi contre moi. Au cours d’une conférence de presse, certes impromptue mais très argumentée, et pimentée de menaces à peine voilées :"Je suis d’origine corse, je saurais m’en souvenir…" J’avais lâché les noms des coupables : Marc-Olivier Fogiel qui a toujours été maladivement jaloux de ma réussite et de mon talent, et Mathieu Pigasse, ce milliardaire gauchiste qui rachète des journaux à tour de bras, prêt à toutes les bassesses pour relancer les ventes de son torchon moribond, les Inrocks. Depuis, j’ai découvert que ce complot remonte encore bien plus haut ! Dans les très très hautes sphères ! J’ai le nom des commanditaires… tous reptiliens, bien entendu.

Si j’étais Jean-Marc Morandini, je déplorerais que les flics soient allés retourner mon appart’ dans le XVIe. J’espère juste qu’ils ont pas touchés à mon ordi. Ce n’est pas que j’ai quelque chose à cacher, mais avec l’ordi je suis maniaque, même Selim (mon boy) qui fait le ménage n’a pas le droit d’y toucher, "Bas les pattes, Selim, tu ne touches pas à mon clavier !" Je prie aussi pour qu’ils n’aient pas abîmé ma collection complète de Jean-Paul, le mensuel des routiers culturistes, qui a pour moi une énorme valeur sent… phénoménale.

Faux souvenirs

De quoi m’accuse-t-on, à tort ? Deux plaintes pour corruption de mineurs ont été déposées, par des gosses dont je n’ai jamais entendu parler. Je l’ai dit, aux flics : déjà, si on commence à croire tout ce que les gosses racontent… on se retrouve avec une fausse prise d’otages dans une église sur les bras ! J’en ai parlé avec un psy, c’est très connu, ça s’appelle le "syndrome des faux souvenirs". Des enfants disent avoir été violés, alors on arrête des gens, et après la justice tranche que non, finalement c’est un faux souvenir. Ben moi, c’est pareil. Je n’ai jamais proposé d'ébats sexuels par SMS, ni parlé naturisme et épilation sur Twitter. Ou alors peut-être que je consultais Doctissimo et qu’ai j’ai fait une fausse manip… Comme Christine Boutin, hier, quoi.

Si j’étais Jean-Marc Morandini, je resterai confiant. J’attendrais avec sérénité ma comparution devant la brigade de répression de la délinquance contre la personne, pour mes castings de la web-série Les Faucons, où j’aurais demandé à des garçons de se masturber devant la caméra. Je dis bien "j’aurais". Si je l’avais demandé, j’aurais été un vrai con. Vous voyez la différence

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