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Si j'étais... François Bayrou

François Bayrou a annoncé mercredi qu'il ne se présentait pas à la prochaine élection présidentielle et qu'il souhaitait se ranger du côté d'Emmanuel Macron. Karl Zéro s'est mis dans la peau du président du MoDem.

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François Bayrou, président du MoDem lors de sa conférence de presse à Paris, le 22 février 2017.
François Bayrou, président du MoDem lors de sa conférence de presse à Paris, le 22 février 2017. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Si j’étais François Bayrou, ce serait non. J’aurais mis fin mercredi 22 février au suspense insoutenable, lancinant, inhumain concernant mon éventuelle candidature à la présidentielle, qui je le sais a tenu en haleine les Françaises et les Français, depuis de trop longs mois, ce dont je m’excuse. Les télex ont crépité toute la nuit, dans les ambassades du monde entier, pour avertir Trump, Poutine, Merkel, la reine d’Angleterre et le président chinois. Tous, évidemment conscients de l’importance de l’enjeu, s’inquiétaient de ma décision, sachant que ma détermination légendaire combinée avec la puissance de feu du MoDem allait chambouler le jeu électoral et par voie de conséquence, le sort de notre nation, de l’Europe et du monde.

J’avoue que je n’ai pas pris ma décision à la légère. J’en ai longuement soupesé tous les aspects, même les plus infimes. J’ai d’abord fait vérifier par René, mon comptable, toutes nos fiches de paye familiale depuis 1978, pour savoir si mon épouse ou mes enfants n’auraient pas travaillé sans le savoir pour l’UDF, le CDS, Force démocrate, l’UDI et le MoDem. Je tiens à le préciser : René n’a rien trouvé.

Avec de l'humour en plus !

Ce n’est donc pas par crainte d’éventuels scandales à venir que j’ai renoncé. C’est pour honorer une promesse sacrée: j’avais juré que je ne me représenterais pas à la fonction suprême si j’étais élu maire de Pau. Candidat à cette présidentielle, j’aurais été, si vous me permettez cette boutade adorée de mes chers Palois, j’aurais été "en manque de Pau". Et oui, je sais me montrer drôle, à mes heures ! Mais c’est rare. Car avant tout, je suis habité, en un mot je l’ai précisé à Macron, et plus que quiconque conscient de la crise très grave que traverse notre pays. 

Je ne suis pas homme à trahir mes engagements. En 2007, quand fort de mes 18,57 % au 1er tour, j’ai refusé d’appeler à voter Sarkozy, entre les deux tours au grand désarroi de quelques-uns de mes électeurs les plus conservateurs, c’était par abnégation, pour le bien commun. Celui de la France, le seul qui vaille. Si Ségolène Royal avait été élue, j’aurais sans doute accepté d’être son Premier ministre, et nous aurions ainsi évité à notre nation cinq années de folie libérale sarkozyste qui ont ruiné la France.

Macron président !

Aujourd’hui, je fais exactement le même pari, le seul qui vaille pour la France, celui de l’abnégation, mais cette fois-ci donc aux côtés d’Emmanuel Macron. S’il le faut, oui, je prendrai sur moi d’accepter d’être son Premier ministre et d’éviter à notre nation cinq nouvelles années de folie horriblement brutale signées Fillon qui vont achever de terrasser la France.

Certes, si j’étais François Bayrou, d’aucuns me feraient remarquer que je ne pèse pas - électoralement parlant - aussi lourd qu’à l’époque, du moins en terme d’intentions de vote dans les récents sondages. Et qu’au vu de mes 7 % d’intentions de vote, Macron me confiera au mieux un secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports.

Ils se trompent ! Macron, je me suis expliqué avec lui, d’homme à homme, on a joué aux cartes, sur table. D’abord, je me suis excusé d’avoir dit qu’il n'"avait pas les épaules", qu’il "n’était pas à la hauteur de la charge que représente l’Elysée". Il m’a reproché de l’avoir également traité de "candidat des force de l’argent".  Je l’ai rassuré : l’argent, finalement, je n’ai rien contre, il en faut. Il m’a aussi reproché ma tirade sur l’alternance. J’avais dit qu’il incarnait "les cinq années qui avaient conduit le pays de désillusions en déceptions". Il a su trouver les mots, me convaincre qu’il n’y était pour rien, que rien ne se décidait à Bercy, mais tout dans un café avec Julie Gayet et que l’alternance désormais c’était lui.

Bref, on s’est tapé dans la main et il a accepté la proportionnelle aux législatives. Ça pour le MoDem c’est très important : on n’avait plus qu’un député, Jean Lassalle, mais il a vu la Vierge à Lourdes et depuis il fait le tour de France des Compagnons. Bref, avec Macron on est assuré d’avoir une représentation parlementaire digne du MoDem, que j’estime à 200 députés. 

François Bayrou, président du MoDem lors de sa conférence de presse à Paris, le 22 février 2017.
François Bayrou, président du MoDem lors de sa conférence de presse à Paris, le 22 février 2017. (JACQUES DEMARTHON / AFP)