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Plus de 200 petits patrons ont eu recours à Apesa, le dispositif pour lutter contre le suicide

Depuis le lancement d'Apesa en 2013, plus de 200 chefs d'entreprise ont eu recours à ce dispositif qui permet de venir en aide aux petits patrons en détresse, selon un premier bilan qu'a pu se procurer franceinfo lundi 19 septembre.

Un dépôt de bilan se révèle souvent sensible et critique pour un chef d\'entreprise puisque bien souvent, il s\'agit de l\'entreprise familiale
Un dépôt de bilan se révèle souvent sensible et critique pour un chef d'entreprise puisque bien souvent, il s'agit de l'entreprise familiale (JONAS HAMERS / MAXPPP)

Le dispositif d'aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aigüe (APESA) a été imaginé il y a trois ans par le greffier du tribunal de commerce de Saintes (Charente-Maritime) et un psychologue clinicien charentais. La fréquentation de ce service montre qu'il correspondait à un réel besoin, selon les chiffres que franceinfo s'est procurés lundi 19 septembre. 

Le dépôt de bilan, un moment critique

Apesa a permis de venir en aide à plus de 200 chefs d'entreprise en trois ans. Selon le bilan que s'est procuré franceinfo, 406 consultations ont été données et 165 psychologues y ont participé. La plupart des patrons concernés sont âgés de 45 à 50 ans.

Les petits patrons sont particulièrement concernés par le suicide, puisqu'un artisan ou patron de PME se suicide tous les deux jours. Le moment critique pour eux étant lorsque l'entreprise dépose le bilan puisque bien souvent, il s'agit de l'entreprise familiale. Ils se retrouvent alors confrontés à une grande culpabilité, au déshonneur, ils ont le sentiment d'abandonner leurs salariés qu'ils connaissent bien.

Un soutien étendu

Apesa permet donc de leur venir en aide dans cette période, en détectant très tôt le risque suicidaire. Les personnels de justice qui sont là pour organiser la fin de l'entreprise sont aussi chargés de la détection du risque et peuvent déclencher un suivi rapide, fréquent et personnalisé pour éviter le pire. L'offre de soutien correspond bien à un besoin et elle sera étendue. Dix tribunaux de commerce utilisent ce dispositif, ce sera bientôt le cas de 32 autres tribunaux.