On s'y emploie, France info

On s'y emploie. Les travailleurs indépendants et l'assurance-chômage

"On s'y emploie", c'est tous les dimanches un gros plan sur le monde du travail. Les trois millions de travailleurs indépendants vont-ils pouvoir toucher le chômage ? Et à quelles conditions ?

Photo illustration travail.
Photo illustration travail. (MAXPPP)

Patrick Levy-Waitz préside la fondation "Travailler autrement", un organisme qui se penche sur les nouvelles formes d'emploi. Cette semaine, les négociations ont débuté entre les partenaires sociaux sur la couverture par l'assurance-chômage des travailleurs indépendants."Travailler autrement" vient justement de publier une étude dans laquelle elle passe au crible les pays européens pour voir comment ils traitent leurs travailleurs indépendants.

Premier enseignement, il n'y a pas une tendance générale, mais une multitude de réponses

Patrick Levy-Waitz : Tous les pays cherchent une solution à un phénomène en forte croissance. L'émergence d'indépendants, qui ne sont pas ceux que l'on a connus après-guerre, c'est-à-dire les commerçants et les artisans, mais des indépendants qui offrent leurs compétences, leur savoir-faire technique à des entreprises et à des plateformes, et le numérique, a mis le doigt sur cette catégorie pour laquelle on cherche à éviter une paupérisation.
Ces travailleurs indépendants sont un peu moins nombreux en France que dans d'autres pays.

Les pays les plus protecteurs, que font-ils ?

Patrick Levy-Waitz : Très peu offrent un filet de sécurité obligatoire. La plupart, c'est une cotisation volontaire. Parce qu'un indépendant, c'est quelqu'un qui est attaché à sa liberté et à son autonomie. Ensuite parce que, qui dit assurance-chômage dit cotisation ou prise en charge par la solidarité nationale. Et dans l'histoire, les indépendants ont voulu prendre en charge leur propre protection, comme les artisans. Et puis maintenant il y a les nouveaux indépendants qui sont à la recherche d'un filet de sécurité.

Est-ce qu'il y a un pays "modèle" ?

Patrick Levy-Waitz : Il n'y a pas de solution miracle. En revanche, il y a quelque chose de transversale. Tous les pays ont fini par passer par un tiers de confiance qui va être un intermédiaire d'un nouveau type. Il va permettre de créer un écosystème pour les indépendants, leur apporter des services, de cotiser, de leur simplifier la vie. 

Photo illustration travail.
Photo illustration travail. (MAXPPP)