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On s'y emploie. Les free-lances comment à s'organiser

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"On s'y emploie", c'est tous les dimanches un gros plan sur le monde du travail.

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Radio France
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Les freelances s'adaptent et s'organisent (MAXPPP)

Les  freelances, les travailleurs indépendants, sont plus de 800.000 en France. Livreurs à vélo, graphistes, développeurs, journalistes, techniciens...Dernière tendance : ils commencent à s'organiser. Même les syndicats commencent à s'y intéresser. 

Cette semaine l'inspection du travail a remis en cause le statut de travailleur indépendant aux coursiers de la société Deliveroo. Ils seraient plus proches de véritables salariés. La revue Socialter consacre ce mois-ci 100 pages d'un supplément aux free-lances. Il sera en kiosque demain lundi 19 mars. Philippe Vion-Dury est rédacteur en chef de cette revue.

Les freelances en France, combien de divisions et qui sont-ils ?

Philippe Vion-Dury : Il y aurait 2,8 millions de travailleurs indépendants en France. Les free-lances seraient 830.000, ce sont des travailleurs de la création, de la culture, de la communication et des nouvelles technologies, le graphiste, l'illustrateur, le designer, le développeur.

Ils fréquentent beaucoup les bureaux partagés, les espaces de coworking, et ils les utilisent comme des lieux d'organisation...

Philippe Vion-Dury : Ce sont des lieux de socialisation et des lieux d'où des collectifs peuvent émerger, des réseaux, pour par exemple mieux se protéger puisqu'il existe une carence dans la protection des free-lances.

Un cran au-dessus des liens qui peuvent se tisser, les coopératives. Comment ça marche ?

Philippe Vion-Dury : Il y a par exemple des coopératives de livreurs à vélo, qui ne veulent plus travailler pour des plateformes, c'est par exemple CoopCycle. Et il y a des freelances qui rejoignent des coopératives particulières, qui sont des coopératives d'activités et d'emploi (CAE), qui font tampon entre le marché du travail et le freelance pour le protéger. Une CAE permet de mutualiser les bureaux, l'administratif, le recours juridique. Le freelance devient un salarié de la CAE.

Et de plus en plus de freelances en collectifs de métier...

Philippe Vion-Dury : Ce sont des structures plus informelles, de conseils, de réseaux, pour pallier l'isolement du freelance, s'il n'a pas les moyens de se payer un espace en coworking, il perd le contact avec ses camarades qui sont dans la même situation que lui, ne plus savoir comment fixer ses prix, si la situation qu'il vit est normale.

Est-ce que les syndicats s'intéressent à la question ?

Philippe Vion-Dury : Oui, surtout la CFDT. Il y a aussi des syndicats nouveaux qui émergent, comme le Clap, pour les livreurs à vélo, qui sont très en pointe, tout comme les "petites mains" du web. Un syndicat s'est monté aux Etats-Unis sur Amazon Mechanical Turk, c'est Dynamo, qui a dit "il faut arrêter de vendre sa main d'oeuvre pour rien, il faut qu'on soit une classe sociale. Mais peut-être il faut explorer vers des modes d'organisation plus anciennes, comme les guildes et le compagnonnage...

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