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On s'y emploie. La reconversion, un mouvement de fond dans la société française

Quels sont les métiers qui attirent ? Quelles sont les bonnes questions à se poser ? Comment peut-on se faire aider ? Des réponses avec Yves Deloison, spécialiste de la reconversion professionnelle.

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Près de 63% des Français se disent prêts à une reconversion. Et l\'une des pistes qui suscite le plus de vocation est la restauration.
Près de 63% des Français se disent prêts à une reconversion. Et l'une des pistes qui suscite le plus de vocation est la restauration. (H JONES / CULTURA CREATIVE / AFP)

Se reconvertir, près des deux tiers des Français y auraient déjà pensé, selon un récent sondage.

Yves Deloison est depuis plusieurs années, spécialiste de la reconversion professionnelle, à travers un blog, "Tout pour changer", et plusieurs ouvrages dont le tout dernier, Réussir sa reconversion, qui vient de paraître aux éditions Héliopoles.

La reconversion professionnelle, est-ce un vrai mouvement de fond dans la société française ?

Yves Deloison : "C'est un vrai mouvement de fond, parce que le contexte a changé, les actifs sont invités à repenser leur vie professionnelle, à bifurquer, il n'y a plus de carrières longues dans la même entreprise, on est sur la sellette tout le temps, on est amené à réfléchir sur son parcours."

Il y a toujours les chambres d'hôtes ?

Yves Deloison : "Oui, même si certains ont compris que c'était un peu le miroir aux alouettes. Les secteurs d'activité sont ceux qui remettent en perspective le rapport aux autres, le social, l'humanitaire, la création au sens large, tout ce qui peut s'effectuer à l'extérieur, mais il y a aussi le conseil, en deuxième partie de carrière."

Quand on a une idée de reconversion, faut-il en parler ou ne pas en parler autour de soi, à ses proches ?

Yves Deloison : "Il faut informer la cellule proche, toute décision qui sera prise va avoir un impact sur le conjoint, les enfants, et puis les autres sont des ressources d'informations, des mises en réseau, donc il faut en parler, poser des questions, interroger..."

Il y a pas mal d'organismes payants qui proposent des périodes d'immersion professionnelle. C'est un bon investissement ?

Yves Deloison : "Oui et on peut le faire en dehors d'un organisme payant, Pôle Emploi a des prestations similaires, mais c'est essentiel de tester son projet sur le terrain, de le vivre. On peut le faire financer par le CPF, le compte personnel de formation, et puis ça n'est pas non plus un coût démesuré"

Et le CEP, le conseil en évolution professionnelle, comment ça marche ?

Yves Deloison : "Ça permet à n'importe quel actif d'avoir un premier interlocuteur qui connaît les questions de reconversion, ça permet de mettre à plat ses premiers questionnements, mais ça n'est pas l'équivalent d'un bilan de compétences qui va beaucoup plus loin"

On a jusqu'à quel âge pour se reconvertir ?

Yves Deloison : "Je rencontre des gens qui reconvertissent après 60 ans. S'il n'y a pas un passage très lourd en terme d'acquisition de compétences, on peut se reconvertir à tout âge".

Près de 63% des Français se disent prêts à une reconversion. Et l\'une des pistes qui suscite le plus de vocation est la restauration.
Près de 63% des Français se disent prêts à une reconversion. Et l'une des pistes qui suscite le plus de vocation est la restauration. (H JONES / CULTURA CREATIVE / AFP)