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Nouveau monde. Robots chirurgiens, capteurs personnels… La santé de demain passera par le numérique

Le plan santé d’Emmanuel Macron prévoit un carnet de santé numérique partagé. Ce n’est qu’un tout petit aspect du numérique au service de la santé. Une révolution qui a déjà commencé.   

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Un robot médical \"Da Vinci\" en démonstration au Festival international de la Robotique à Milan (Italie), le 12 septembre 2017.
Un robot médical "Da Vinci" en démonstration au Festival international de la Robotique à Milan (Italie), le 12 septembre 2017. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Le président de la République prévoit dans sa réforme de la santé l'apparition du carnet de santé numérique partagé. Le numérique révolutionne déjà la santé et la médecine à tous les niveaux : diagnostic (avec la télémédecine et l’intelligence artificielle), chirurgie (robots) ou encore traitement des maladies chroniques et détection des urgences médicales (grâce aux capteurs des objets connectés). En chirurgie, le robot Da Vinci, qui commence à équiper certains hôpitaux français malgré son prix élevé de deux millions d’euros, change la manière d’opérer. Avec ses bras articulés télécommandés équipés de caméras, il est les yeux et les mains du chirurgien dans le corps du patient. Il est utilisé notamment pour les opérations de cancer de la prostate.

L’IA plus forte que les médecins

L’intelligence artificielle est aujourd’hui plus forte que les médecins pour diagnostiquer certaines pathologies comme la tuberculose ou la dépression et repérer des tumeurs cancéreuses sur les radios. En Chine, l’IA BioMind a récemment battu les meilleurs radiologues lors d’un concours de diagnostic de tumeurs avec 87% de résultats positifs contre 66% pour les humains.

Smartphone et montre connectée : un médecin dans la poche

Demain, votre smartphone sera votre médecin. En tout cas, ce votre premier contact médical en cas de problème. En Afrique, l’iPhone, équipé d’un accessoire spécial, permet déjà faire des examens des yeux. Des équipements similaires arrivent pour les oreilles. On va voir se développer de plus en plus d’objets connectés permettant de suivre toutes sortes de pathologies chroniques comme l’hypertension, l’apnée du sommeil, le diabète ou le mal de dos.

La montre connectée devient un dispositif médical à part entière, intime et facile à porter. Par exemple, la nouvelle Apple Watch saura faire des électrocardiogrammes selon un procédé agréé par la FDA américaine. Elle pourra aussi détecter les chutes d’un patient. L’Apple Watch, dans ses versions actuelles équipées d’un simple capteur de fréquence cardiaque, a déjà sauvé de vies en détectant des arythmies cardiaques. Demain, les montres connectées, ou même les lunettes ou les lentilles de contact, sauront contrôler la glycémie des personnes diabétiques en temps réel et elles verront arriver les crises cardiaques. C’est l’ère de l’automesure.

Se faire soigner par une IA ?

Tout cela n’est pas sans poser de nombreuses questions. Qui va collecter, stocker et exploiter nos données de santé qui vont servir à nourrir les IA permettant ensuite de mieux nous soigner ? Est-ce Google ? Apple ? Ou bien faut-il se replier sur des acteurs nationaux comme La Poste qui vient de lancer une plateforme pour centraliser les données de santé ? Il y a aussi des questions concernant la vie privée, bien sûr, dès qu’on parle d’exploitation de données personnelles.

Enfin, tout cela entrainera inévitablement des changements de comportements. Dans le futur, on préférera sans doute se faire diagnostiquer par une IA hyper puissante et connectée à toute la connaissance du monde plutôt que par un médecin, peut-être très compétent mais isolé dans son cabinet.    

Un robot médical \"Da Vinci\" en démonstration au Festival international de la Robotique à Milan (Italie), le 12 septembre 2017.
Un robot médical "Da Vinci" en démonstration au Festival international de la Robotique à Milan (Italie), le 12 septembre 2017. (MIGUEL MEDINA / AFP)