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Nouveau monde. Pourquoi y'a-t-il si peu de femmes dans la tech ?

Les femmes sont encore particulièrement minoritaires dans le secteur des technologies, comme le confirment plusieurs études. Il y a plusieurs explications à ce phénomène.

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Sheryl Sandberg, directrice générale de Facebook, au Forum économique mondial de Davos, le 18 janvier 2017.
Sheryl Sandberg, directrice générale de Facebook, au Forum économique mondial de Davos, le 18 janvier 2017. (FABRICE COFFRINI / AFP)

Moins d’un tiers de femmes

Les femmes sont moins nombreuses que les hommes dans les entreprises de technologie, encore moins que dans les autres secteurs d’activité. Dans la Silicon Valley, cœur du monde numérique aux Etats-Unis, elles sont carrément minoritaires.  À peine 33 % chez Facebook, 23 % chez Apple ou encore 19 % chez Google.

Au global, seuls 21 % des postes techniques seraient occupés par des femmes dans les entreprises du numérique (Tech Day). On les trouve essentiellement dans le marketing et la communication.

Manque d'icônes et machisme latent

Les raisons de ce différentiel sont variées. Comme dans les autres secteurs, les femmes ont plus de difficulté à marier vie professionnelle et vie personnelle. Ce qui est spécifique au numérique, ensuite, c’est un certain manque d’intérêt pour ce secteur, dès l’orientation professionnelle. Par exemple, les écoles d’ingénieurs comptent à peine 10 à 20 % de filles.

Autre raison avancée : il y aurait moins d’icônes féminines que masculines, comme Steve Jobs ou Elon Musk. Pourtant, l’histoire de l’informatique a été marquée par de grandes femmes, comme Ada Lovelace, inventeuse de la programmation, ou Grace Hopper, à laquelle on doit le mot "bug".

Enfin, la tech serait un milieu réellement macho avec des affaires de sexisme et même de harcèlement. Récemment, une ingénieure de Uber, Susan Fowler, a créé une vive émotion en racontant sur son blog comment elle avait subi des avances déplacées de la part de son manager sur lesquelles la DRH aurait fermé les yeux.

Une lente évolution

Alors que les femmes étaient assez présentes dans l’informatique dans les années 1970 et 1980, on observe une baisse constante depuis 1985. Pour inverser la courbe, de nombreuses initiatives voient le jour telles que StartHerTechLadiesWomen in TechnologyGirls in Tech ou Women Who Code ou encore, en France, l’association #Jamaisanselles qui œuvre en faveur de la mixité dans l’entreprenariat numérique. Le Gouvernement vient de lancer un plan pour la mixité dans le numérique.

Il commence aussi à y avoir des personnalités emblématiques au féminisme revendiqué, comme Marissa Mayer (Yahoo!) ou Sheryl Sandberg (Facebook). En France, c’est une femme, Roxane Varza, qui dirigera bientôt Station F, le grand incubateur de Xavier Niel. On lira dans LesEchos.fr le portrait de Fidji Simo, jeune française, étoile montante de Facebook.

Enfin, le nombre de start-up lancées par des femmes semble connaître une accélération depuis 2016, même si les levées de fonds demeurent souvent moins importantes que pour les start-up créées par des hommes.

Sheryl Sandberg, directrice générale de Facebook, au Forum économique mondial de Davos, le 18 janvier 2017.
Sheryl Sandberg, directrice générale de Facebook, au Forum économique mondial de Davos, le 18 janvier 2017. (FABRICE COFFRINI / AFP)