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Nouveau monde. Les smartphones ne respectent pas la neutralité du net

L'Arcep, l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, part en guerre contre Apple et Google parce que nos smartphones ne respectent pas la neutralité d’internet.

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Affiche sur l\'immeuble de l\'Arcep à Paris.
Affiche sur l'immeuble de l'Arcep à Paris. (MAXPPP)

Nos smartphones ne respectent pas la neutralité d’internet, selon l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep). Le gendarme français des télécoms monte au créneau contre Apple et Google. Vous voulez installer une application sur votre smartphone. Vous vous rendez sur l’application Store d’Apple (iPhone) ou le Google Play Store (Android) mais vous ne trouvez pas l’application qui vous intéresse car elle a été refusée par Apple ou Google. Voilà, en résumé, ce que l’Arcep reproche aux plateformes qui gèrent nos mobiles. L’autorité vient de remettre, jeudi 15 janvier, un rapport sur ce thème au gouvernement.

Un pavé dans la mare

C’est la première fois que ce problème est abordé. D’habitude, quand on parle de neutralité du net, on pense aux opérateurs qui peuvent brider leurs réseaux en fonction des contenus. Or, selon l’Arcep, les "terminaux", c'est-à-dire les smartphones ou tablettes, ne sont pas neutres. Sébastien Soriano, son président, prend l’exemple d’une application créée par l'Arcep (précisément consacrée à la neutralité du Net) qui a été rejetée par Apple. À l’arrivée, c’est un peu comme si les utilisateurs avaient des œillères. Ils n’ont accès qu’à ce que les géants qui dirigent ces plateformes veulent bien montrer. Il y a aussi, souligne l’Arcep, "des petits trucs énervants, comme l'impossibilité d’effacer de son smartphone certaines applications d'origine".

Que répondent Apple ou Google ?

Pas de réponse pour l’instant du côté des intéressés mais on devine quels seront leurs arguments. Apple, par exemple, ne devrait pas manquer de mettre en avant la "qualité de l’expérience utilisateur". C’est parce qu’ils contrôlent tout que l’on n’est pas envahis par des applications malveillantes, avec des virus ou des escroqueries. Le fait est que les géants du numérique à l’origine des plateformes mobiles ont toujours considéré qu’ils étaient "chez eux" et qu’ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient. Aujourd’hui, l’Arcep, qui se présente comme le gendarme de la neutralité du net, soulève une vraie question de fond qui risque de faire des vagues. D’autant qu’elle a l’intention de porter le fer jusqu’au niveau européen, en soumettant son rapport à la Commission européenne.

Affiche sur l\'immeuble de l\'Arcep à Paris.
Affiche sur l'immeuble de l'Arcep à Paris. (MAXPPP)