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Nouveau monde. La France dans la bataille de l’intelligence artificielle

La France veut devenir un champion mondial de l’intelligence artificielle et s'appuie sur le rapport Villani, publié jeudi.

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Cédric Villani en décembre 2017, à Bruxelles.
Cédric Villani en décembre 2017, à Bruxelles. (MAXPPP)

Avec la remise du rapport Villani et les annonces du président de la République, jeudi 29 mars,  la France enclenche un processus pour tenter de devenir un champion mondial de l’intelligence artificielle. 

L’IA c’est quoi ?

L’intelligence artificielle (IA), c’est ce qui permet aux ordinateurs de faire des choses que l’on croyait jusqu’à présent réservées à l’intelligence humaine. Par exemple : reconnaître un chat sur une photo, comprendre la voix humaine ou analyser des radiographies pour détecter des tumeurs. Les perspectives sont immenses dans l’industrie, la santé, l’environnement, l’énergie, la défense, etc. Il y a une compétition mondiale dans ce domaine qui fait dire, par exemple, à Vladimir Poutine que "celui qui deviendra leader en IA sera le maître du monde."

Quel est le sens des annonces du gouvernement ?

Il s’agit de rattraper le retard de la France et de l’Europe face aux Etats-Unis et à la Chine. Les Etats-Unis ont les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et les Chinois ont les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi), des plateformes numériques géantes pleines de données indispensables à l’IA.  L’Europe, pour sa part, dispose d’excellents chercheurs, mathématiciens et ingénieurs ainsi qu’une vision du monde basée sur le respect des libertés, la protection de la vie privée et le sens de l’intérêt général.

Concrètement, que prévoit la France ?

Le rapport Villani et les annonces d’Emmanuel Macron explorent plusieurs pistes. D’abord, rendre la France et l’Europe attractives pour que les meilleurs talents s’installent ici ou évitent de partir (fuite des cerveaux). Ainsi, Facebook, Google, Samsung, Fujistsu ont ou viennent d’annoncer qu’ils allaient ouvrir en France des centres de recherche spécialisées en IA (Samsung va par exemple ouvrir, sur le plateau de Saclay, un centre comptant 100 chercheurs qui sera dirigé par le français Luc Julia). Autre objectif : développer un "écosystème européen de la donnée", c'est-à-dire créer un cadre favorable à la production et l’exploitation de données numériques, notamment en santé et transports.

Les questions éthiques et l'impact sur l'emploi

L’IA est indissociable des questions d’éthique, de régulation et de transparence des algorithmes. Le but : éviter que ne se créent des "boîtes noires" algorithmiques dont on ne comprendrait pas les décisions et éviter que les systèmes automatisés ne reproduisent des déviances et discriminations, qui auraient pour résultat d’augmenter les inégalité.

L’IA ne va pas remplacer le travail mais va affecter la quasi-totalité des métiers. Il est donc urgent de réfléchir aux conséquences et de les anticiper. Enfin, l’État français veut que l’IA se mette au service de l’environnement, notamment en aidant à la transition énergétique.  

Cédric Villani en décembre 2017, à Bruxelles.
Cédric Villani en décembre 2017, à Bruxelles. (MAXPPP)