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Nouveau monde. La Cnil : toujours plus de plaintes pour toujours aussi peu de moyens

La Commission nationale de l'informatique et des libertés publie son rapport annuel qui fait état d’une explosion du nombre de plaintes et se plaint de ressources très insuffisantes. 

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Isabelle Falque-Pierrotin, président de la CNIL, lors de la présentation du rapport annuel 2017.
Isabelle Falque-Pierrotin, président de la CNIL, lors de la présentation du rapport annuel 2017. (JEROME COLOMBAIN / RADIO FRANCE)

La Cnil a enregistré 8 360 plaintes en 2017, 40% d’augmentation par rapport à l’année précédente. C’est un record pour la Commission nationale de l'informatique et des libertés, comme chaque année depuis quatre ou cinq ans. Ces plaintes concernaient majoritairement internet (27%) avec des questions d’exploitation des données personnelles et de e-réputation. À noter, 335 demandes de déréférencement (droit à l’oubli). Par exemple, une mère a saisi la Cnil pour obtenir la suppression d’une vidéo dans laquelle sa fille mineure apparaissait après des démarches infructueuses auprès de la plateforme concernée.

Un surcroît d'activité attendu avec la RGPD

Le règlement général pour la protection des données (RGPD) entrera en vigueur en mai prochain. Ce texte européen encadre la protection des données à caractère personnel. Cela signifie plus de protection pour les particuliers mais aussi plus de contraintes pour les entreprises. Cependant, selon Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la Cnil,"le RGPD est une chance pour l’Europe car il va donner une force de frappe à l’Europe face aux Gafa [Google, Apple, Facebook, Amazon]". Il reviendra à la Cnil de vérifier la conformité des entreprises. Devant les craintes de sanctions pour celles qui ne seraient pas prêtes, la présidente assure que la Commission adoptera une "politique répressive pragmatique".

Malgré cette explosion, actuelle et future, de son activité alors que son champ d’action ne cesse de s’agrandir, la Cnil déplore toujours un manque de moyens. Il y aurait, notamment, moitié moins de personnel que dans les instances équivalentes en Europe.

Isabelle Falque-Pierrotin, président de la CNIL, lors de la présentation du rapport annuel 2017.
Isabelle Falque-Pierrotin, président de la CNIL, lors de la présentation du rapport annuel 2017. (JEROME COLOMBAIN / RADIO FRANCE)