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Nouveau monde. Grand débat national : les "civic tech" en action

Le site web du grand débat national, ouvert depuis le 15 janvier, devrait prendre sa vitesse de croisière à partir de cette semaine. Un site monté rapidement grâce une infrastructure déjà en place.

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Un homme devant la page d\'accueil du grand débat, sur l\'écran d\'un ordinateur.
Un homme devant la page d'accueil du grand débat, sur l'écran d'un ordinateur. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Le site du grand débat ouvert depuis quelques jours, a été réalisé par une start-up parisienne, Cap Collectif, une "civic tech", c'est-à-dire une start-up spécialisée dans les solutions technologiques dédiées à la vie citoyenne.

Cap Collectif fournit des solutions au service d’information du gouvernement, au tarif spécial secteur public de 1 000 à 1 200 euros par mois. L'abonnement court toute l'année. Ainsi, dès qu’il est nécessaire de créer une plateforme de consultation, il suffit de piocher sur les étagères de Cap Collectif et de mettre en place les briques dont on a besoin : un espace de forum, des sondages, des fiches d’information, etc.

Cap Collectif revendique 700 projets participatifs auprès de plus d’une centaine de clients, dont des villes (Le Mans, Issy-les-Moulineaux ou Bayonne) mais aussi des entreprises (groupe La Poste). Pour la petite histoire, elle assure également la plateforme de consultation des "gilets Jaunes" de la Réunion.

"Typosquatting"

Dès son lancement, le site a fait l’objet de quelques critiques, notamment concernant la conservation d’adresses e-mail des internautes. Cap Collectif répond que ce n’est pas elle qui collecte des adresses mais le client, c'est-à-dire le gouvernement. En outre, comme sur n’importe quel site, il faut bien donner une adresse email pour s’inscrire. Il y avait aussi une collecte d’adresses e-mail avant l’ouverture officielle de la plateforme visant, précisément, à informer du lancement ceux qui le souhaitaient.

La presse s’est également fait l’écho de sites web parodiques, avec des intitulés proches de celui du grand débat, notamment un site pornographique, pouvant semer la confusion. C’est ce que l’on appelle du typosquatting, émanant de personnes qui tentent de surfer sur la notoriété du grand débat, un phénomène classique dans ce genre de cas. La vraie adresse du grand débat national est : https://granddebat.fr.

Risque de prise d’assaut par des militants 

En décembre dernier, lors de la consultation en ligne lancée par le Conseil économique et social, on a vu le thème de l’abrogation de la loi Taubira sur le mariage homosexuel arriver en tête des revendications alors que ce n’était pas du tout à l’ordre du jour chez les "gilets jaunes" au départ. En fait, comme lors de toute consultation, y compris des élections, ce sont les citoyens les plus mobilisés qui font le plus entendre leur voix. Selon Cyril Lage, le dirigeant de Cap Collectif, c’est le prix à payer pour une vraie consultation populaire et il n’y a pas lieu de filtrer quoi que ce soit sauf à fausser cette consultation.

Un homme devant la page d\'accueil du grand débat, sur l\'écran d\'un ordinateur.
Un homme devant la page d'accueil du grand débat, sur l'écran d'un ordinateur. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)