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Nouveau monde. Derrière le scandale Facebook : les "data brokers", ces pros de la donnée numérique

Le scandale Facebook a été causé par des "data brokers". Il s'agit d'entreprises qui brassent nos données dans tous les sens. 

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Mark Zuckerberg, patron de Facebook devant la commission au Congrès américain à Washington, aux États-Unis, le 10 avril 2018.
Mark Zuckerberg, patron de Facebook devant la commission au Congrès américain à Washington, aux États-Unis, le 10 avril 2018. (JIM WATSON / AFP)

Le scandale Facebook est l’occasion de découvrir une activité peu connue : celle de ces entreprises, comme Cambridge Analytica, qui brassent nos données dans tous les sens. On appelle ça des : "data brokers". 

Un "data broker" est un courtier en données, comme il existe des courtiers en pétrole ou en céréales. Peu connus du grand public, ils s’appellent Acxiom, Epsilon, Experian ou… Cambridge Analytica. Ils achètent et ils vendent de la donnée sur le marché mondial.

Quelles données et pour quoi faire ?

Les "data brokers" s’intéressent à toutes les données numériques qui sont produites un peu partout dans le monde, sur les réseaux sociaux mais aussi les sites marchands ou encore dans les bases de données publiques. Ils achètent et ils vendent de la donnée qu’ils enrichissent au passage.

Ils "raffinent" cette matière première en croisant les fichiers entre eux avant de les revendre à des annonceurs ou des partis politiques qui recherchent des ciblages spécifiques (exemple : femmes venant d’accoucher, amateurs de bricolage en Poitou-Charentes, etc.). Selon une enquête du quotidien La Croix, ce secteur économique pèserait 150 milliards d’euros par an.

Quid du respect de la vie privée ?

L’activité des "data brokers" est légale et encadrée mais l’affaire Facebook révèle qu’il peut y avoir des dérapages. Cela pose la question de la protection technique et juridique des données et même de leur traçabilité. Aujourd’hui, les traitements sont tellement nombreux qu’on ne sait même plus vraiment où se trouvent telles ou telles données.

La situation devrait être en partie clarifiée avec la mise en œuvre, en mai prochain, en Europe, du règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD). Mark Zuckerberg a mentionné à plusieurs reprises le RGPD lors de son audition au Congrès. Facebook a décidé de couper le robinet qui alimentait les "data brokers". 

Mark Zuckerberg, patron de Facebook devant la commission au Congrès américain à Washington, aux États-Unis, le 10 avril 2018.
Mark Zuckerberg, patron de Facebook devant la commission au Congrès américain à Washington, aux États-Unis, le 10 avril 2018. (JIM WATSON / AFP)