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Non, il n'est pas possible de détourner un avion avec un ordinateur

Un hacker américain affirme qu’il a réussi à pirater le système informatique de plusieurs avions en plein vol.

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(Poste de pilotage d'un Boeing 787 © Maxppp)

Chris Roberts n’a peur de rien. Ni de tenter des expériences dangereuses ni de raconter n’importe quoi. Ce chercheur en sécurité informatique affirme qu’il a réussi, à plusieurs reprises, à pirater, depuis son siège passager, des avions dans lesquels il voyageait. La dernière fois, c’était le 15 avril à bord d’un boeing 737/800. Il a même envoyé un tweet depuis l’avion pour se vanter de son « exploit ». Ce qui lui a valu à l’arrivée d’être interpellé par le FBI. Il fait maintenant l’objet d’un mandat d’arrêt.

 

Qu’a-t-il fait exactement ?

 

Selon le site canadien APTN, qui se serait procuré les documents du FBI, Il se serait connecté au système de projection vidéo réservé aux passagers. Pour cela, il aurait forcé un boîtier situé sous son siège auquel il aurait branché son ordinateur via un simple câble Ethernet trafiqué. A partir de là, il serait parvenu à s’introduire dans le système informatique servant à piloter l’avion. Il affirme même qu’il aurait réussi une fois à faire faire une embardée à l’appareil en intervenant sur l’un des moteurs. Mais ça c’était au cours d’une simulation réalisée par ailleurs.

 

Est-ce crédible ?

 

Non. Selon les experts, c’est impossible. Comme l’a expliqué sur France Info notre spécialiste aéronautique Michel Polacco, le réseau de divertissement pour les passagers dans les avions est totalement isolé du système de commande de l’appareil. C’est un peu comme deux routes qui n’auraient pas de voie transverse pour passer de l’une à l’autre.

 

Comment expliquer de telles déclarations ?

 

Soit, ce chercheur en informatique est mythomane, soit, il a voulu alerter sur les risques théoriques liés à la cybercriminalité dans l’aviation. Les avions sont aujourd’hui bourrés d’informatique et le piratage potentiel est un fantasme de plus en plus répandu. Récemment, le GAO, l'équivalent américain de la Cour des comptes, a mis en garde contre des risques potentiels, liés notamment au Wifi en avion, en soulignant l’importance d’instaurer de nouvelles normes de sécurité. Certes, des spécialistes ont montré qu’il était possible de perturber les communications satellitaires d’un avion mais en aucun cas d’en prendre le contrôle depuis l’extérieur du poste de pilotage.  

(Poste de pilotage d'un Boeing 787 © Maxppp)