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Nous avons testé le SOS d'urgence par satellite en France

C'est une nouveauté disponible sur toute la gamme iPhone 14 dont Apple avait prévu l'activation en France, en décembre : l'envoi d'un SOS d'urgence par satellite est possible depuis la mi-décembre et nous l'avons testé en conditions réelles.

Article rédigé par franceinfo - Benjamin Vincent
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
L'envoi d'un SOS d'urgence nécessite de viser avec un iPhone 14, l'un des satellites de Globalstar, partenaire d'Apple, qui survole la France. (BENJAMIN VINCENT)

Nous sommes en forêt, à trois quarts d’heure de Paris, avec un iPhone 14, modèle de base dont les fonctions cellulaires ont été désactivées volontairement par Apple. Pour les besoins du test, je vais faire comme si je m’étais cassé la jambe. Je n’ai pas de réseau, je ne capte aucun signal mobile : aucune barre n'apparaît en haut de mon écran.

Peu importe... je compose le “112“, le numéro d'urgence européen, sur mon clavier et je lance l’appel. Logiquement, rien ne se passe mais au bout de quelques instants, le téléphone me propose d’envoyer un message d’urgence par satellite via une icone en bas de l'écran, en forme de message surmontée de la mention “SOS“ dans un cercle sur fond rouge. Un message plus lent à envoyer qu’un SMS classique, encore plus si le ciel n’est pas dégagé. Il va nécessiter d’être à l’extérieur et de répondre à un questionnaire, à raison d'un écran par question et via de gros boutons sur lesquels je clique : "malaise ou blessure" - blessure, "qui a besoin d’aide" - moi, "comment je respire" - normalement, "description de l’urgence" - lésion traumatique, "prévenir ou pas mes contacts d’urgence et leur envoyer ma position" - oui.

Toujours au moins un satellite à viser

Autant d’informations qui vont être envoyées par satellite, ainsi que la position GPS déterminée par le smartphone, en utilisant l’un des 24 satellites de Globalstar, partenaire de cette innovation. Selon Apple, au-dessus de la France, à un instant “T“, il y a toujours au moins un de ces satellites qui survole la France. On en compte même souvent deux, voire trois.

L’iPhone 14 se transforme alors en viseur avec, à l’écran, le logo d’un satellite à faire entrer dans un arc-de-cercle, en pivotant sur soi-même dans le sens de la flèche. Je tourne donc vers ma droite. L’ensemble devient vert, l’envoi du message commence. En 40 secondes, il va monter jusqu’au satellite, redescendre jusqu’à une antenne terrestre et arriver au centre de relais installé par Apple avec une équipe formée spécifiquement pendant plusieurs mois. Pendant ce temps, je me contente de maintenir le logo dans le faisceau vert à l’écran. L’envoi des secours est confirmé, pour de faux évidemment. En tout, depuis que j’ai tenté d’appeler le 112, il s’est écoulé à peine 5 minutes. 

Quid de la gratuité au bout de deux ans ?

C'est l'heure du bilan. D’abord, ça marche, sur un simple iPhone 14, sans antenne supplémentaire. Accrocher un satellite qui traverse le ciel à 27.000 km/h et 1.400 km d’altitude - plus de trois fois plus haut que la Station spatiale internationale -, voilà un sacré défi technique. Ensuite, c’est facile, c’est rapide et c’est gratuit, au moins pendant 2 ans. En clair, un iPhone 14 acheté l'été prochain y donnera droit sans supplément jusqu'à l'été 2025. Et après ? C'est la grande inconnue. Apple, de toute évidence, se donne le temps d'évaluer le succès de cette fonction, d'en faire le bilan et d'observer comment la concurence réagit.

Il se murmure déjà que Samsung travaillerait, avec Iridium, sur une fonction comparable pour son prochain smartphone Galaxy. Quant à Elon Musk, il prépare l’arrivée de la connexion avec ses satellites Starlink pour certains abonnés T-Mobile, afin de passer des appels et envoyer des messages avec le même objectif officiel qu’Apple : “sauver des vies“. Plus d'une dizaine de personnes ont déjà pu être secourues, aux États-Unis et au Canada, depuis le lancement du SOS d'urgence par satellite, le mois dernier.

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