Nouveau monde, France info

Faut-il un Windows à la française ?

Pour renforcer l’indépendance technologique de la France, des députés proposent de créer un système d’exploitation "souverain". Mais l’idée est loin de faire l’unanimité.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
(photo d'illustration © Maxppp)

Qu’est-ce qu’un système d’exploitation "souverain" ?

Un système d’exploitation (OS, Operating System, en anglais) est une plateforme logicielle qui fait fonctionner d’autres logiciels. Exemples : Windows, Mac OS ou Linux et, sur mobiles, iOS, Android, Windows Phone, etc. La plupart des systèmes actuels sont fermés et « propriétaires » (sauf Linux). Ils appartiennent à de grands groupes américains. Un système « souverain » serait un système appartenant réellement à la France.

Qu’apporterait un système 100% français ?

Cela permettrait, théoriquement, de s’affranchir de la mainmise technique et économique des plateformes américaines, de mieux protéger les données françaises (personnelles et publiques) et, ce faisant, de lutter contre l'espionnage, voire contre le terrorisme.

D’où vient cette idée ?

Un amendement à la loi sur le numérique (déposé par la députée socialiste Delphine Batho) a été adopté le 20 janvier dernier. L’idée n’est pas nouvelle, elle avait déjà été évoquée par Arnaud Montebourg.

Est-ce une bonne idée ?

L’idée rencontre beaucoup d’opposition et soulève pas mal de moqueries sur les réseaux sociaux. Il faut dire que les projets de systèmes  "souverains" n’ont pas été vraiment couronnés de succès à ce jour (cloud souverain, GPS européen Galileo, Google à la française Qwant, etc.). Créer un OS souverain serait compliqué et cher (1 milliard d’Euros ?). Concurrencer Windows ou Android paraît irréaliste car il ne suffit pas de créer la plateforme mais il faut des logiciels.

Donc, on laisse tomber ?

Pour autant, l’idée ne paraît pas aberrante pour des applications spécifiques stratégiques (défense, administration). D’ailleurs, il existe déjà un système « souverain », c’est le CLIP développé par l’ANSSI (Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d’Information).

Alors, faut-il un OS "french touch" ?  Le débat est ouvert.

 

(photo d'illustration © Maxppp)