Cet article date de plus de six ans.

Apple vs FBI : qui a tort ? Qui a raison ?

écouter (8min)
Le FBI demande toujours de l’aide à Apple pour récupérer les données contenues dans une douzaine d’iPhone pour des affaires de terrorisme. Apple refuse et campe sur sa position.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
  (Manifestation de soutien à Apple à Los Angelès le 19 février 2016©)

Une question de fond

Faut-il donner les clés de nos smartphones aux autorités ou, au contraire, les rendre inviolables ? Voilà la question de fond qui est posée avec l’affaire Apple contre le FBI. Evidemment, la réponse n’est pas simple. D’un côté, on ne peut que souhaiter voir les enquêteurs qui luttent contre le terrorisme disposer de tous les outils techniques existants. D’un autre côté, après les excès de la NSA en matière de surveillance généralisée (affaire Prism), on se demande si la protection des libertés individuelles ne passe pas par l’inviolabilité absolue de nos outils numériques.

Un débat de société

Au FBI qui demande à Apple de fabriquer un logiciel spécial pour débloquer l'iPhone de San Bernardino, Tim Cook, le PDG, refuse et répond que cela reviendrait, ni plus ni moins, à créer un « cancer logiciel ». Sa position est partagée par tous les grands noms du numérique qui considèrent aujourd’hui que protéger les données de leurs clients fait partie de leur mission. En effet, ils craignent qu’un tel outil puisse être utilisé pour d’autres affaires bien éloignées du terrorisme (divorces, fraudes fiscales, etc.) et Apple ne veut pas ouvrir la boîte de Pandore. Le débat fait rage aux Etats-Unis. Il nous concerne aussi en France car nous utilisons, nous aussi, des iPhone. D'ailleurs, la justice française a déjà été confrontée aux mêmes problèmes.

 "Apple se trompe"

Cependant, selon Maître Alain Bensoussan , interrogé par nos soins, Apple et les autres "se trompent". Selon cet avocat spécialisé, « la protection de l’intégrité physique l’emporte sur la protection de l’intégrité des données individuelles  ». Ce dernier plaide donc pour la mise à disposition d'un outil "passe-partout" pour débloquer les smartphones vérouillés mais que « c’est la justice qui devrait décider, au cas par cas, d’autoriser ou non l’accès aux données contenues dans un smartphone ».

Des smartphones inviolables

Cela dit, la question n'aura peut-être bientôt plus lieu d'être. En effet, Apple serait actuellement en train de renforcer la sécurité de ses iPhone. Il serait même envisagé de chiffrer de bout en bout le service iCloud, sur lequel sont sauvegardées les informations personnelles des utilisateurs afin de rendre tous produits Apple tout bonnement inviolables.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.