100 voitures autonomes sur autoroute, c'est le plus grand test au monde !

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Cent voitures autonomes ont tourné pendant cinq jours sur une portion d'autoroute américaine ouverte à la circulation, dans le cadre d'une étude menée par cinq universités américaines. Plusieurs Français ont participé à cette expérience – la plus grande au monde – sur autoroute.

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Radio France
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Les chercheurs du projet Circles suivent l'évolution des bouchons, une fois que les 100 voitures autonomes avec des algorithmes novateurs sont insérées dans la circulation, au sud de Nashville (États-Unis. (UC BERKELEY)

C’est une première mondiale qui a duré cinq jours, sur l’autoroute I-24 au sud de Nashville. Sur le parking, des voitures numérotées de 1 à 100, et autant de conducteurs, par sécurité. Dans le centre de contrôle, les 60 chercheurs du projet Circles ont pris place face aux écrans, avec les données qui défilent et les images de la circulation. Il est 6h10 du matin. Sur les écrans, un point rouge indique le premier ralentissement. La première salve de 10 voitures se met en marche et s’insère dans le trafic, bientôt suivies par 10 autres et ainsi de suite.

Réduire l'effet d'accordéon

Puisqu’on parle de voitures autonomes, on pourrait supposer qu’il s’agit de voitures électriques, voire de prototypes. En fait, pas du tout ! Ce sont des modèles à essence standards qui ont été rendus autonomes grâce à des algorithmes connectés au régulateur de vitesse. Sur cette boucle d’autoroute de six kilomètres, ces algorithmes vont modifier le comportement de chacune des 100 voitures pour essayer de réduire le fameux effet d’accordéon. Dans ces bouchons, on stoppe, on redémarre, on s’arrête à nouveau.

L’espoir des chercheurs, et notamment du français Amaury Hayat, c’est que les conducteurs qui roulent, derrière, s’en inspirent. Alors, certes, 100 voitures dans un bouchon de six kilomètres, c’est une goutte d’eau, à peine 2% du total, mais l’objectif est très ambitieux : réduire pour toutes les voitures dans le bouchon, la consommation de carburant et les émissions de CO2… de 10%.

"Un gain en carburant pour l'ensemble du trafic."

Amaury Hayat, chercheur à l'École des Ponts Paris Tech

à france info

Le projet Circles, financé par l'équivalent américain du ministère de la Transition énergétique, piloté par cinq universités américaines, est dirigé par le français Alexandre Bayen, à la tête de l'Institut d'étude des transports à l'UC Berkeley. L'expérimentation s’est donc déroulée du 14 au 18 novembre dernier. L’heure est maintenant à l’analyse des données, des centaines de téra-octets.

Il faudra des semaines pour obtenir les premiers résultats, Amaury Hayat le sait. Ce mathématicien, chercheur à l’École des Ponts Paris Tech, a travaillé pendant trois ans sur deux des algorithmes utilisés à Nashville, et il espère qu’une partie des automobilistes accepteront de jouer le jeu en activant ce futur mode de conduite :

“L’avantage, c’est un petit peu pour soi-même mais en réalité, c’est surtout un gain collectif. Si suffisamment de personnes l’activent en même temps, cela aboutit à un gain en carburant pour l’ensemble du trafic. Et ça peut changer beaucoup la donne puisque 10% d’économie de carburant sur un trafic entier de dizaines de milliers de véhicules en l’occurrence, ça fait beaucoup, beaucoup d’économie“.

Mise trop rapide sur le marché ?

Anticiper les débuts concrets de la voiture autonome, quand elles seront en minorité dans le trafic, parce qu’il faudra du temps pour remplacer tout le parc automobile, c’est tout l’intérêt de ce projet Circles qui pourrait se concrétiser, d’ici quelques années, par une simple à jour pour votre première voiture autonome. 

En attendant, les images de cette Tesla folle qui a tué 2 personnes en Chine, début novembre, n’ont pas dissuadé Elon Musk d’annoncer, ce jeudi, la disponibilité de l’option “conduite autonome“ sur les Tesla en Amérique du Nord. Une option facturée 15.000 euros, encore à l’état de prototype.

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