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Les relations tendues entre frère et soeur

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Dans moins d'un mois ce sera Noël. Noël et son réveillon, ses fêtes de famille. L'occasion de se retrouver entre frères et sœurs. Des retrouvailles qui ne sont pas faciles pour tout le monde. Les pistes d'Anne-Laure Gannac, de "Psychologies Magazine" pour que tout se passe bien.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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La relation entre frère et soeur démarre naturellement
sur le terrain de la rivalité, de la jalousie, explique la psychothérapeute
Nicole Prieur. Aucun des enfants ne veut recevoir moins d'amour des parents que l'autre,
donc ils comptent tout : les cadeaux, le temps passé avec l'un ou l'autre,
les regards donnés, etc.

La fratrie se fonde
sur ce que Nicole Prieur appelle un "vécu de perte". Pour l'aîné,
c'est la perte de l'exclusivité de cet amour parental dont il était jusque là le
centre et pour le cadet, le manque c'est celui de ne jamais pouvoir connaître cette
exclusivité là.
Donc l'enjeu premier de ces relations, et son premier défi, va être
la capacité à partager, non pas ses jouets, mais cet amour parental.

Le rôle des parents est essentiel

Les parents sont là pour imposer la
règle du respect de l'autre, du partage. Ils viennent imposer la loi et permettent de réprimer les pulsions agressives, en
l'occurrence celles que les frères et sœurs ont les uns à l'égard des autres.

L'acceptation du frère ou de la sœur doit se faire avec l'aide des parents, même si c'est
parfois compliqué et que certaines choses leurs échappent.

Un malaise qui persiste à l'âge adulte

Souvent on ne prend pas le temps de
"traiter", ce mal. On grandit, on quitte la
maison, chacun fait sa vie et ce sont souvent les parents qui continuent de
faire le lien. C'est-à-dire qu'on se retrouve tous autour d'eux, en famille,
comme à Noël.
Si cette fête familiale est pour certains particulièrement douloureuse
c'est notamment parce qu'ils y retrouvent illico leur place d'enfant et ce sont
peu ou prou les mêmes conflits qui surgissent, les mêmes rivalités.

Eviter les conflits entre frère et soeur

Il n'y a pas d'âge pour parvenir à des
relations apaisées dans la fratrie et cela dépend en priorité du fait qu'on
ait accepté les limites de nos parents.
Un moment clé dans le devenir
adulte : accepter que nos parents ne soient pas tout puissants et qu'ils aient
fait au mieux de ce qu'ils pouvaient faire, avec nous. C'est également fondamental
pour la qualité de ces relations frère/sœur puisque cela
signifie qu'on peut accepter ce qui, enfant, nous avait paru comme autant d'injustices
dans la façon dont on a été traité par rapport aux autres enfants, par rapport à
nos frères et sœurs.

Ce qui aide aussi c'est de se demander ce que l'on veut transmettre
à nos propres enfants.

Prendre le temps de s'interroger sur ce lien fraternel. Qu'est-ce
qu'il signifie pour moi, quelle place est-ce que je veux lui donner dans ma vie ?
Mesurer ce qui fait la richesse de ce lien, aussi : sauf accident, c'est le
seul qui dure toute la vie.
C'est un choix : vouloir ou non fréquenter son frère ou
sa sœur et tout faire pour bien s'entendre, quand on est adulte, plus personne ne
peut nous l'imposer, cela ne dépend donc plus que de nous.

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