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Les bonnes méthodes de travail pour réussir son année

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L'année vient de commencer, et vient le moment des bonnes résolutions. Cette année, je me mets au travail dites-vous. Que vous soyez au primaire, au lycée ou à l'université, Sophie de Tarlé journaliste au magazine L'Etudiant livre quelques méthodes pour travailler plus efficacement.
Article rédigé par
Radio France
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Comment faire pour se mettre au travail pour faire les devoirs en rentrant des cours?

Dur dur de se remettre au travail après une journée passée à l'école. Pourtant, le moment des devoirs est essentiel. Quand vous rentrez chez vous, mettez-vous au travail assez rapidement. Évitez de regarder la télévision, ou de jouer à un jeu vidéo. Ce détail est important. Car ce type de loisir est assez addictif. Et une fois que vous serez devant votre série préférée, il sera extrêmement difficile de vous en arracher, surtout "pour faire un truc aussi désagréable que ses devoirs" . Une fois à votre bureau, mettez un réveil et fixez à l'avance la durée de votre temps de travail. Si vous avez du mal, commencez très modestement, avec juste un petit quart d'heure de travail. Ensuite, réservez-vous une petite récompense: un coup de fil, répondre à un texto, ou même un bonbon. Jours après jour, vous pourrez augmenter la durée de votre temps de travail.

fixez à l'avance la durée de votre temps de travail

Pourquoi est-ce efficace ? Le cerveau va enregistrer le fait que le travail a un début et une fin. Et il se mettra plus facilement en route. Et si en plus, une petite récompense vient couronner vos efforts, vous serez vite conditionné. Dans quelques temps, vous n'aurez même plus besoin de vous accorder de récompense. Dans votre esprit, vous associerez les devoirs à quelque chose d'agréable sans vous en rendre compte. C'est le fameux réflexe démontré par Pavlov. 

Quelle méthode suivre pour apprendre ses cours ? Faut-il faire des fiches par exemple ?

Vous n'êtes pas obligé de faire des fiches. Mais "vous apprendrez plus facilement si vous structurez l'information que vous devez apprendre ", nous apprend Alain Lieury, chercheur et auteur de La mémoire de l'élève en 50 questions (Dunod). C'est pourquoi, la pratique qui consiste à bien structurer les cours, par chapitres, paragraphes et sous-paragraphes, est donc très bonne. Vous pouvez aussi faire des schémas, mais aussi des résumés. Un autre exemple est ce qu'on appelle "l'histoire clé" . Vous avez des mots à apprendre, et pour vous en souvenir, vous allez imaginez une histoire qui va relier ces mots. Un exemple : "Mais où est donc Ornicar ?" permet de se souvenir des conjonctions de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car. "Sur la racine de la bruyère, la corneille boit l'eau de la fontaine Molière" , permet de se rappeler des grands écrivains du XVIIe siècle. Une expérience a démontré la redoutable efficacité de cette méthode.

Les élèves ont surtout des problèmes avec les mathématiques. Existe-t-il une méthode pour avoir la fameuse bosse ?

Il faut s'entrainer, comme un pianiste fait ses gammes. Ce n'est pas moi qui le dit mais Cédric Villani, médaille Fields 2010, soit l'équivalent du prix Nobel en math. Ne croyez pas ceux qui deviennent forts en math sans rien faire. C'est par la répétition de petits exercices simples que s'installent les automatismes, et par conséquent les progrès.

Faites et refaites le même exercice. Tant que vous n'arrivez pas à le faire parfaitement, ne passez pas à autre chose

Une étude américaine de l'Université du Michigan a comparé les systèmes éducatifs de Hong Kong et des Etats-Unis. Il s'agissait de savoir pourquoi les écoliers de Hong Kong surpassaient les écoliers américains en math. Les résultats ont montré, qu'il n'y avait pas tant de différence en terme de méthode d'enseignement. Les écoliers de Hong Kong passent simplement beaucoup plus de temps à s'entrainer.

Concrètement comment faut-il s'y prendre ?

La répétition est le mécanisme élémentaire de la mémoire. Elle aboutit à des connexions stables entre neurones (par les synapses) et à une communication facilitée (par les neurotransmetteurs). En général, il faut des dizaines, parfois même des centaines de répétitions pour apprendre quelque chose, que ce soit le piano, la conduite automobile ou les maths. Commencez par apprendre votre cours. Ensuite, faites et refaites le même exercice. Tant que vous n'arrivez pas à le faire parfaitement, ne passez pas à autre chose. Juliette  est scolarisée en 4ème dans une école de Shanghai qui s'inspire de la pédagogie de Hong Kong. Elle explique  :"dans mon école, je fais des exercices de math sur un ordinateur connecté à celui du prof, qui sait tout de suite si j'y arrive ou pas. Et tant que je n'arrive pas à les réussir, je dois les recommencer. Cela m'a permis de faire d'énormes progrès ".

 

Mais comment réussir à se motiver ? Ce n'est pas évident, surtout quand la matière est difficile.  

" Celui qui n'a pas d'objectifs ne risque pas de les atteindre ".  J'aime bien cette citation de Sun Tzu, un chinois vivant au VIème siècle avant JC.  Mais cet objectif, s'il est très ambitieux,  peut être assez paralysant. Le plus important est d'avancer : fixez-vous des petits objectifs, qui seront autant de paliers qui vous mèneront vers votre but. Antoinette Champclos l'explique bien dans son livre: La méthode infaillible pour réussir ses études (éditions Lamartinière). Cela peut être de faire un exercice de math par jours, d'apprendre ses verbes irréguliers. Faites vous une petite liste de choses à faire et cochez au fur et à mesure de vos réalisations. C'est la fameuse  "to do list". Personnellement, je fais ça au travail. C'est très efficace. 

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