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Constance Debré : "Je ne suis pas celle que vous croyez"

Constance Debré, avocate, écrivain, est l'invitée de "Mise à Jour" mercredi à l'occasion de la sortie de son premier roman, "Playboy", une sorte d'initiation à l'homosexualité.

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Constance Debré
Constance Debré (RADIO FRANCE / JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT)

Dans son premier roman, Constance Debré joue le mauvais petit canard. Playboy, paru chez Stockraconte comment l’avocate à l’accent bourgeois à fait son coming-out et abandonné la robe. Un style cru et incisif pour parler d’amour et régler quelques comptes avec une famille bien rangée entre la médecine et la politique.

"Quand on parle d'amour, il faut parler de sexualité", insite Constance Debré, qui trouve "compliqué" la manière dont on en parle "aujourd'hui". On entend parfois "aux terrasses de café" le terme de "bite", et "ce n'est pas de la provocation, ce n'est pas un truc fou de l'entendre en 2018, donc de l'écrire", souligne l'écrivain. La littérature doit "bien sûr" refléter son époque. 

L'homosexualité, une "force" créatrice

Constance Debré dit avoir trouvé une "force" quand elle a découvert son homosexualité. "Me concernant, l'homosexualité m'a donné une force que je n'avais pas avant". Un déclic est né lorsqu'elle découvre cette partie d'elle-même. "Je sais comment je veux écrire et c'est cette force qui m'a amenée à ce livre", sans être pour autant un "coming-out".

Dans son roman, Constance Debré évoque aussi sa profession d'avocate, métier "noble" (qu'elle continue d'exercer) et très lié à la "bourgeoisie". Son oeil d'avocate l'amène à décrire une réalité fatale. "Ce n'est pas l'acte qui mène en prison. C'est le fait ou pas d'avoir des garanties de représentation, c'est-à-dire un boulot, une famille, un appartement. C'est ça qui va décider de la lourdeur de la peine et du fait que vous allez ou non en prison". La bourgeoise préserve donc, constate-t-elle. "Si vous êtes bourgeois, vous aurez beaucoup moins d'emmerdes que si vous ne l'êtes pas pour exactement les mêmes faits. C'est une réalité de la justice et de sa brutalité", décrit Constance Debré.

Sa mise à jour ? "J'aimerais bien un peu d'argent. Je lance un appel, une petite cagnotte, voilà, c'est très bien."

Constance Debré
Constance Debré (RADIO FRANCE / JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT)