Le Pen Club international, (Poets, Essayists, Novelists) : 100 ans déjà…

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Né après le premier conflit mondial du XXe siècle, le Pen Club International réunit des écrivains de tous horizons qui partagent une vision commune du monde, dont le premier but est l’amitié, la coopération intellectuelle et l’échange entre écrivains du monde entier. Le Pen Club a 100 ans cette année. 

Article rédigé par
José-Manuel Lamarque - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
3 mars 2020. 35e Academy Of The Arts Achievement Awards à New York avec Salman Rushdie, l'auteur britannique des "Versets sataniques" en 1988, défendu et soutenu par le Pen Club.  (SEAN ZANNI / PATRICK MCMULLAN / GETTY IMAGES)

Le Pen Club est né après le premier conflit mondial du XXe siècle. Ce premier drame européen qui marquera l'entrée dans le siècle passé, a été un choc pour nombre de familles européennes, un fossoyeur de jeunes générations, et une suite de massacres qui hélas, ne seront pas les seuls dans ce siècle.

Ainsi, après une prise de conscience et de nombreuses voix s’élevant en faveur d’une paix durable, un "plus jamais ça", Catherine Amy Dawson Scott, poète, dramaturge et militante de la paix britannique, a créé en 1921, le Pen Club, soit une réunion d’écrivains de tous horizons partageant une vision commune du monde, dont le premier but est l’amitié, la coopération intellectuelle et l’échange entre écrivains du monde entier.

Si le mot anglais "pen" signifie stylo, ici il est l’acronyme de "Poets, Essayists, Novelists" (Poètes, Essayistes, Romanciers).

La première association mondiale d’écrivains

Après Londres, le Pen Club Français naîtra en 1927, la décennie connaîtra ainsi 25 Pen Clubs en Europe, puis d’autres fleuriront en Amérique du Sud et en Chine, dès les années 30.

Ainsi de célèbres plumes rejoignirent le Pen Club : Anatole France, Paul Valéry, Jules Romains, André Chamson, Toni Morrison, Vercors, HG Wells, Arthur Miller, Henrich Böll, François Mauriac, Margareth Atwood, Solange Fasquelle, Maurice Maeterlinck, Elizabeth Craig, Alberto Moravia, Mario Vargas LLosa, Luisa Valenzuela, Jennifer Clement, George Bernard Shaw. Aujourd’hui le Pen Club français est présidé par Antoine Spire.

L’action du Pen Club

Comme nous l’a expliqué notre invité, Carles Torner, un des auteurs du livre PEN international (éditions Actes Sud), le Pen Club constitue aujourd’hui un réseau international d’écrivains sur plus de 100 pays, étendu aujourd’hui aux éditeurs, traducteurs, journalistes et blogueurs, tous unis au sein du Pen Club pour la liberté d’expression et la littérature.

Le Pen Club n’est pas seulement une association d’écrivains facilitant leurs rencontres, ou leurs échanges dans le monde entier, il est d’abord un réseau qui vient en aide aux écrivains, journalistes, éditeurs injustement poursuivis, emprisonnés dans leur pays.

Depuis un siècle cette association lutte contre les persécutions faites aux gens de lettres, ce fut le cas d’abord envers les écrivains allemands ou autrichiens, durant le IIIe Reich, italiens, sous le régime mussolinien, russes, durant l’ère soviétique et autres, derrière le rideau de fer, tel Vaclav Havel.

Gotlib et Claire Bretécher lors d'une séance de dédicace à l'IEP (Institut d'Etudes Politiques de Paris) organisée par le 'Pen Club' à Paris, le 14 décembre 1974. (WILLIAM KAREL / GAMMA-RAPHO VIA GETTY IMAGES)

Aujourd’hui le Pen Club met en place différentes actions en faveur de celui ou celle qui est emprisonné, entre autres, l’envoi de courrier à la personne incarcérée. Ainsi, comme l‘a précisé Carles Torner, le flot de lettres ou cartes postales envoyées sont un levier qui bien souvent porte ses fruits face aux autorités locales.

La liste est longue de celles et ceux où le Pen Club est intervenu pour leur liberté, dont Federico García Lorca (Espagne), Stefan Zweig (Autriche), Musine Kokalari (Abanie), Wole Soyinka (Nigéria), Salman Rushdie (Grande Bretagne), Ngugi wa Thiong’o (Kenya), Anna Politkovskaïa (Russie), Hrant Dink (Turquie) ou Svetlana Alexievitch (Bielorussie).

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