Elections législatives en Italie : Giorgia Meloni, future Première ministre ?

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Daniel Zapalla, le correspondant du quotidien italien "Avvenire" est l'invité du "Micro européen", à la veille d'une échéance électorale majeure pour le pays, les élections législatives. Giorgia Meloni serait en bonne position pour devenir Premier ministre. 

Article rédigé par
José-Manuel Lamarque - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
23 septembre 2022 à Naples. Giorgia Meloni, la "leader" du parti, "Fratelli d'Italia", "au discours très ambigu sur l'héritage post-fasciste", souligne le journaliste Daniel Zapalla, correspondant du quotidien italien "Avvenire" à Paris.  (ANDREAS SOLARO / AFP)

L'Italie saura lundi qui aura remporté le scrutin législatif de ce dimanche 25 septembre. Une élection suivie de près en Europe. Daniel Zapalla, le correspondant du quotidien italien Avvenire est l'invité de Micro européen. 

franceinfo : Ces élections demain dimanche seront suivies par de très nombreux observateurs et pays ? Avec Giorgia Meloni en position avantageuse selon les sondages...

Daniel Zapalla : Oui, bien sûr, cette échéance électorale sous les projecteurs de tous les médias italiens et européens. On est dans une Italie aujourd'hui qui en fait assez demande quel va être son avenir. Une Italie plombée par l'inflation, la dette qui a explosé et les Italiens, selon les sondages effectivement, pourraient donner une majorité importante, voire écrasante, à cette coalition des droites qui est menée par cette figure montante depuis un petit moment, Giorgia Meloni.

On en avait déjà parlé l'année dernière. Elle commençait un peu à monter…

Oui, maintenant, elle est devenue le personnage au centre de la scène de cette coalition, et Giorgia Meloni, la « leader » de ce parti, Fratelli d'Italia, qui a un discours très ambigu sur l'héritage post fasciste. C'est un parti qui arbore encore les symboles de la flamme tricolore, qui en même temps dit : il n'y a pas de place dans notre parti pour les nostalgiques du fascisme. Il y a cette ambiguïté.

Beaucoup plus ambigu, ce parti s’appelle Fratelli d’Italia, c'est ainsi que l'on appelle l'hymne de la République italienne, Inno di Mamelli…

Exactement. Cela fait partie d'une stratégie de communication qu'on avait déjà vue avec le parti de Berlusconi, Forza Italia, qui est dans la coalition avec le parti de la Ligue de Matteo Salvini, les trois droites. Le système électoral actuel donne quand même l'avantage aux coalitions. Donc, effectivement, il y a cette triple coalition avec trois partis à droite. De l'autre côté, on a au contraire une gauche complètement désunie, qui ne parvient pas à trouver une cohérence dans son programme. Et donc elle risque vraiment de vivre une débâcle historique.

Mais comment, en Italie, en est-on arrivé à la venue de Giorgia Meloni ?

Je crois qu'il y a dans le pays un vent de "dégagisme" qui traverse les consciences des électeurs depuis déjà une bonne dizaine d'années, voire plus. Et donc, on a vu une série de phénomènes politiques qu'on pourrait qualifier de météores. Et il y avait eu un fait la gauche qui avait eu sa chance à l'époque : rappelez-vous de Matteo Renzi, ce jeune Florentin devenu le chouchou des gauches européennes. Mais effectivement, c'est un phénomène politique qui n'a pas fait long feu.

Ensuite, on a eu l'ascension, elle aussi fulgurante, du Mouvement cinq étoiles de Beppe Grillo, l'humoriste. Là encore, une sorte de phénomène nouveau, au niveau surtout du programme, sorte d’ovni politique qui mélange des éléments de la gauche avec des éléments de la droite et qui a fait une percée spectaculaire, mais là aussi, avec une chute progressive dans les sondages. Et là, il y a ce vent protestataire. C'est un vent surtout qui est nourri par la déception.

Car effectivement, il y a des problèmes majeurs, profonds au niveau de l'emploi, au niveau du clivage entre le nord de l'Italie et les "Méridione", entre une Italie des entrepreneurs qui peine à trouver des nouvelles recettes et le pays de la pauvreté qui connaît encore des chiffres record. Donc on voit que c'est un pays traversé par un certain nombre de clivages qui demeurent. Et bien sûr, l'électeur italien en a marre. On parlait de Beppe Grillo qui, à un moment donné, avait vraiment chevauché ces vents de déception comme aujourd'hui, c'est le cas de Giorgia Meloni.

On le rappelle, les élections italiennes, c'est un seul tour. Donc, lundi matin, quid ? Comment va se réveiller l'Italie ?

Difficile à dire. Mais aujourd'hui, effectivement, toutes les prévisions nous disent que l'Italie pourrait connaître cette figure féminine, mais vraiment, au cœur de l'échiquier. Et ce sera la première fois.

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