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Ma vie d'après. Le drive fermier a le vent en poupe

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Ces petits riens, ces petits touts, la preuve que rien ne sera plus comme avant, que le "monde d'après" est déjà là. Vendredi, Neila Latrous est un drive fermier, la nouvelle façon de vendre sa production agricole en circuit court.

Article rédigé par
Neila Latrous - franceinfo
Radio France
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Ouverture d'un drive fermier de la Chambre d'agriculture de la Gironde à Bordeaux. Photo d'illustration. (JEAN MAURICE CHACUN / MAXPPP)

Je suis le drive fermier, ou plutôt les drives fermiers. Parce que nous sommes plusieurs en réalité, une petite centaine en France. Des points de rencontres directs entre paysans et consommateurs, pour s’approvisionner en bons produits de la ferme sans même descendre de sa voiture. À condition bien sûr d’avoir passé commande d’abord sur internet. Ces drives limitent le nombre d’intermédiaires entre le producteur et notre cuisine.

Ils se sont généralisés pendant le confinement. Et depuis, l’engouement des Français ne se dément pas. Exemple à Aurillac, où le drive fermier – créé en 2014 – signe déjà une année record. Alexia Deltreil travaille à la chambre d’agriculture du Cantal : "Pendant le confinement, on est monté à 300 commandes par semaine. Là, on redescend un petit peu mais ça correspond un peu à cette période de l'année avec les vacances. Mais on n'est pas redescendu encore sous les 100 commandes, donc plus que ce qu'on avait avant. On va avoir un nouveau site prochainement qui sera plus ergonomique, qui répondra mieux aux attentes d'aujourd'hui."

Ces organismes aident les fermiers à s’organiser pour vendre leurs produits en circuit court, donc notamment en drive. Dans le monde d’avant, les circuits courts, ce n’était que 15% de l'approvisionnement alimentaire. Mais la crise sanitaire a bousculé les circuits de distribution. Dernière étude de l'Observatoire Leclerc : plus d’un Français sur trois privilégie désormais la proximité. trois sur cinq préfèrent consommer local pour soutenir l'économie.

Les hypermarchés sont-ils menacés ?

Selon Xavier Hollandts, qui enseigne à la Kedge Business School, "les supermarchés, les hypermarchés sont relativement décriés mais restent quand même le principal moyen pour les Français de se nourrir et de s'approvisionner. Historiquement, la grande distribution a toujours essayé de mettre en rayon finalement les productions locales. Ce sont différents labels lancés par des Leclerc, Intermarché, Super-U qui mettent en avant des labels du type 'Nos régions ont du talent', par exemple, et il y a là sans doute un axe très intéressant à travailler mais cela nécessite un vrai travail d'identification des producteurs et surtout un travail de partenariat sur le long terme."

La grande distribution, c’est près de 630 000 personnes en France, et 190 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le secteur est à l’aube d’un grand chambardement. Et déjà des députés s’attendent à une nouvelle guerre des prix pour reconquérir des parts de marché, c'est-à-dire le coeur et le portefeuille des consommateurs. Reste à savoir qui paiera l’addition.

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